jeudi 8 janvier 2009

Les carnets de vie. IIPart.


Jour soixante deux :



Je sais que l’on est capable. S’enfouir bien plus loin que nos rêves. La danse des questions reprend. On souhaiterait voir tomber les masques différents et menteurs, pour voir les vrais visages tournoyer autour de nos têtes. Aimerait cueillir le soupçon de personnalité qui fait d’eux des êtres uniques et singuliers. Et pourtant, je reste en face à face avec des clones, copiés par centaines, qui, m’amusent, lorsque leur pas se synchronise et lorsque leur démarche imite celle d’autrui. Le fait réel entre l’unicité, et la pâle copie inévitable. L’amour du paradoxe entre dans un paroxysme idéal. Je ne fais qu’écouter Vivaldi. Peut être une envie d’arriver plus vite que tout, au printemps. Tenter de toucher ces dix neuf années. Courir après la vieillesse. Je suis une impromptue mémoire. A nouveau, je me retrouve sur les rails, regarde leur traits, plus ou moins fins, plus ou moins expressifs. Regarde ces bouts de personne que jamais plus je ne recroiserais, trouve la pointe de ridicule dans leur assurance béante. Parce que je ne suis qu’un personnage animé, inanimé dans sa routine. J’entrais dans cette salle quotidienne. J’entrais pour prendre comme tout autre mes cours et écouter les nouveautés récurrentes. J’entrais parce qu’il le fallait, et que ceci semblait la meilleure des choses à faire. Par contrainte, obligation ou devoir. Appelons les mots par des mots. Ils me jugèrent. Parlaient d’une française en allemand. Parlaient de ce qu’il n’arrivait pas à comprendre. Cette fille là bas, blonde, et distante. Cette fille là bas, qui s’assied dans son coin, sans prononcer mots, parce qu’elle garde ses maux en elle et puis, elle ne voit pas l’utilité de prononcer les anglais aux inintéressants. Partir dans sa singularité, s’engouffrer dans son mal. Je suis d’un autre temps. Arôme distillé, épuisé. Les belles métaphores ne nous oublient pas. Une sorte de valse brillante se fond en moi. Aimer jouer à l’incomprise. Les clairs de lune.

Aucun commentaire: