Le grand retour de l’itinérante dépendante.
Jour cinquante huit :
Tricher un instant de plus sur les horaires exacts. Tricher et s’en tirer, puisque je suis devenue seule maitresse du libre arbitre. Les pieds sont posés à Charleroi, attendant nerveusement le vol à destination de Dublin. Le temps interfère dans les départs. Et on attend, dans une attente impersonnelle, seule bercée par la musique singulière projetée dans les oreilles. Avec l’envie incessante de s’allumer une cigarette. De consommer le mal et de le faire avec plaisir. Je suis une impatiente. Je dois attendre et le planning se dérègle. Les désirs d’une petite princesse. Il faut parler pour faire avancer le temps. Il faut que je parle pour faire croire que l’espace de mes secondes est occupé. Alors j’entreprends l’aventure pittoresque de la petite enfant. Parlons bien parlons profondément. Nous sommes le quatre janvier deux mille neuf. On se permet quelques paroles en l’air en ce début de janvier, comme ces mots que l’on dit sans cesse, et qui nous échappent dès février passé. Mes résolutions 2009. Moi je les prends et m’autorise à les respecter. Je voudrais en deux mille neuf que tout le monde soit beau et gentil. Et on s’embarque dans des utopies qui ne sont pas miennes, puisque l’unique résolution que je m’engage, non pas à prendre, mais à essayer de prendre, est de laisser de côté ma mélancolie et dépression étrangère, pour la joie et le respect de mes exploits trans-universels. Quelque chose dans ce genre. On m’a emmené ici, dans cet aéroport. Sur la longue lignée de la route, regardant devant moi la brume et les nuages noirs. Regardant abstraitement un décor lointain du, dans quelques heures je serais à nouveau là bas. Les mots ne cesseront jamais de fuser et d’emprunter la négativité de l’émotion. Qu’il en soit ainsi. J’en ai fini avec mes écrits. Je veux me plonger les maux dans la musique ambivalente.
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