samedi 20 décembre 2008

Les carnets de vie.


Jour cinquante sept :



Les dernières notes avant de prendre l’avion. Plus de machine arrière, plus de regrets quelconques. Les nouvelles étapes sont passées avec succès. Et nous rêverons de nos prochaines destinations. L’esprit commence peu à peu à désirer l’inconnu, et souhaite prendre le large plus souvent. Toujours les mêmes complexes monétaires, mais l’on se débrouillera pour atteindre nos fins. Les jours où l’on s’est aimé.
Après les soirées fleurissantes et décevantes, on tourne nos songes dans une certaine euphorie de l’excite ment. Elle est partie. S’est levée ce matin, fini d’emballer ses affaires, et a pris le large. A quitté cette famille adorable, et s’est envolé dans une aventure contre la montre, une sorte de course plus ou moins fatigante. Jeune fille usée. Je plombe le bonheur de mes instants par cette écriture. Ce soir, tout sera différent. Et ce soir, je découvrirais le goût amer des retrouvailles. L’instant où l’on ne sait pas comment agir et réagir. Alors marchons. Je dompte peu à peu ma qualité à troubler les esprits et les sentiments. S’aimer dans nos amusements. Le contrôle de tout un sexe. Demain sera désormais différent d’avant-hier. La pluie m’emportera dans un sommeil profond, les nuages m’engouffreront dans un bonheur clandestin. Ravivons nos flammes et nos âmes. Aujourd’hui est le dernier jour d’un long périple. Aujourd’hui est le jour des derniers écrits irlandais. La fin d’un conte, conté en deux mille huit. Le temps s’allège. Légèreté se dépose. Dans deux semaines tout recommencera. Nous étions le samedi vingt décembre deux mille huit. 14 :30 heure locale. See you my friends.



Il faudrait refaire.
Le vent le portera dans son dernier pas vers l'oubli des écrits. Nous attrister de la monotonie des vies exubérantes. ils inversèrent leurs rôles et redoublèrent leurs vocations. La nuit tombe. Un long souffle dans les étouffantes allées du rien. Le vide du rien. Et le rien du vide. Surprise flagrante de l'inexistence. Les jeune gens étaient des amoureux de l'instant. Des jeunes rêveurs. Des amis du réel. Leurs corps étaient à leur place dans le monde, accordés aux autres corps. L'assemblage parfait de nos humanités. Il fait noir. Un grouillement de fantômes fatigués. Qui, erraient entre les images d'un bonheur effrayant.Chercher le vide. Impression de flotter dans une matière inexistante. Le rien du rien. S'attarder sur le tout, alors que le rien est son début. Le temps et l'espace nous échappent. Une heure entre un coucher de soleil et son achèvement. Le rien paradoxal, inexplicable. Rien matérialisé. Sans histoires, sans complications. Son premier pas dans l'oubli.La musique orale des mots nous amène à la légèreté de nos membres. Belles allégories pour parler de finalité. Les êtres se sont meurtris. Marcher puis rouler dans des pans de lumière blanche sans trouver la volonté de s'arrêter. Tellement l'ivresse de la nature nous embrase. A chacun son désert. A chacun sa neige intime.Pieds nus. la brume apaise les humeurs matinales. Elle était blanche. Givrée par la paralysie. Douce jeunesse muette. Les traits fins et le regard sombre, l'apogée d'une courte vie. Retirer le meilleur de l'éphémère. Marcher dans un désert de nuage. La richesse m'extasie. Environnement simpliste et extravagant. Je voudrais sauter d'un point inconnu, et me jeter dans le silence de l'intouchable. Les inspirations prennent de grandes bouffées d'air. Du haut de nul part. Parler du bonheur est un art impossible. les instants courts et intenses.
Pensées d'un samedi en avion.

Les carnets de vie.


Jour cinquante six :



Les notions aventurières. Parce que aujourd’hui est l’avant dernier jour en Irlande avant deux mille neuf. Parce que l’on se rend compte qu’on a passé une nouvelle étape et que l’on reviendra plus fort. Le temps de s’ennuyer, le temps de s’occuper, et le temps de gâcher le temps. J’ai perçu en cette journée, des bouts de ridicule. Le ridicule circulant à chaque bout de rue. Les bouts de femmes qui s’exhibent pour cueillir l’attention. Tandis qu’il me suffit d’un regard. Tandis que je fonctionne dans une bulle extérieure, sans désirant y être. L’artiste sommeille. Ne se réveillera que dans vingt quatre heures. Il est venu à moi, parlant irlandais. Intrigué par mon statut de jeune demoiselle en possession d’un appareil photographique. Les curieux. Nous travestissons la réalité pour y percevoir une quelconque attirance. Passionné par la manipulation de nos actes et nos pensées. Tel un troupeau, qui suivrait gentiment le reste du groupe. Parler en groupe.
Ce soir, une fois de plus je prendrais mon envol dans les rues pavées de Dublin. Une fois de plus je tenterais d’atteindre l’inaccessible. A la recherche de ce que je ne peux avoir. Pas faute d’avoir essayé. Je suis un homme solitaire. L’imprévu m’appelle une fois de plus. Mettre les pieds dans l’inconnu. Parcourir les visages non familiers. Je désirerais couper la pensée. Le je revient une fois de plus. Ne faut-il pas d’abord se connaître et nourrir son égoïsme pour permettre à autrui de nous connaitre et de le connaitre. Les contemplations. On joue sur de belles fabulations. Demain je décolle.
VENDREDI 19 DECEMBRE 19:11.
H-23.


?/Que va-t-on faire de toi.

Les carnets de vie.


Jour cinquante cinq :



Les Noctambules ont eu la prétention de croire que leur visage se formait sous les traits du crayon. L’envie de voir son portrait se courber sous des formes circulaires et lisses. Le plaisir de prendre part à nos fabulations et imaginations fantaisistes. Les failles ne se découvrent pas au-dedans d’une image statique. La création nous a emportés dans des illusions grandissantes de jour en jour. On a découvert les bouts de photographie qui nous fascinent. La vie d’avant celle-ci. Le lendemain a déjà perdu sa proie.
Et la question récurrente d’un esprit libre se forme à nouveau. Le pourquoi eux et le pourquoi pas moi. Parler autour d’un burger King. Parler pour se soulager la conscience et les nerfs. La journée ne fait que débuter, et les commentaires féminins fusent. On aime se sentir compris et partager la pitié. Les semaines se sont défilées, le temps a passé trop vite, et je me surprends à tenir ce genre de discours. Peut être les débuts d’une complicité irlandaise. Peut être les débuts du j’ai énormément de choses à te raconter. Et l’on soumet nos idées, nos rêves, et nos peines de cœur. L’invraisemblable. J’arbore en cette fin de journée un joli sourire gracieux. Me prépare une nouvelle fois pour une soirée, sans savoir où mettre les pieds, et sans connaitre d’avance la tournure des évènements. L’imprévision embarque. Et les déceptions réapparaissent. Parler pour parler et ne se soucier que du décor qui nous environne. L’odeur du café des délices. Un parisien. Il y eut la découverte des autres, la découverte des bouts de nous, et ceux qui se taisent dans leur silence morne. Puis ceux qui se complaisent à parler pour occuper l’espace des mots. Ceux qui écoutent sans ne jamais retenir les séquences. Ceux qui parlent pour conter le plat de leur existence. Et nos clichés prennent le dessus sur les autres. Déformation du parler. Finir par s’animer dans nos défauts et envier nos qualités. La supériorité implose. La prétention d’être plus que l’être, et l’envie de croire que nos deux corps de réunissent pour accomplir le vœu de méchanceté. Il ne faut jamais se pencher sur l’innocence. La musique s’achève.

J-1

La matière renforce l’esprit.

Les carnets de vie.


Jour cinquante quatre :



J’ai contemplé les avenues sans jamais baisser les yeux. Adopter la démarche fluide et corsée. La marche aux œillères a faillit. Il aura fallu à ma personne, une fois de plus, voler dans les yeux des autres et perturber mon esprit par mes complications. Je ne suis plus ce que je voulais. Je ne suis qu’un être à part entière, bercé dans ses illusions et paroles soumises. J’ai vu la différence et l’indifférence de nos mœurs, j’ai tenté d’obtenir ce que je ne pouvais avoir en ma possession, et les mots m’ont fait faux bons. Perdre l’envie de trouver les mots. En chute libre dans l’expression de nos salutations et nos divagations. La marche de l’itinérante demoiselle se révèle plus complexe qu’on ne l’eut cru. On voyagera un jour ou l’autre, suivant nos traces enneigées et courant après nos rires enroués. Aujourd’hui, on apaise nos paroles, et profitons de nos derniers instants irlandais. Les derniers moments avant une nouvelle année. Nos derniers. Les nouvelles résolutions fuseront, comme chaque année, et se laisseront emportées par la candeur de deux mille neuf. Les objectifs se volatiliseront dans la morosité de nos instants. J’ai appris les valeurs et les infidélités. La misanthrope demeure ici. La clarté des inspirations s’achève là bas. La demoiselle prend un air défiant toute anxiété, et pourtant, la maladresse se lit sur ses traits. On aimerait pouvoir marcher sans tomber. Marcher aisément et artificiellement, on découvre peu à peu la supercherie de l’âge. Et la jeunesse nous écœure. Elles marchent, sourire aux lèvres, enroulées dans des tissus soyeux, marchent sans prendre gare aux absurdités de leur personne. Et on aimerait, pouvoir agir de la sorte. Agir sans insouciance, et se dire que demain n’est fait que de beauté et merveilles, que demain les maux seront oubliés, et l’on pourra se consacrer à notre égocentrisme. La personne qui dit jeu se plait toujours à tourner les mots en sa faveur. Il faut dompter la personne pour en ressortir les meilleures choses. On ne parle pas d’égocentrisme, d’égoïsme ou d’autres formes de fabulations. On parle de mots pour décrire l’être, afin que de part sa connaissance, il se révèle et révèle les autres. Les bouts de vous que l’on s’obstine à voir et à connaitre. Le savoir d’autrui nous échappe. La construction de ce moi par rapport à vous devra établir le moi d’avant le vous et le nous. Etrange sont les mots lorsque la pensée réfléchie. Je ne voulais pas autant écrire, j’avais déjà commencé à baisser les bras, et pourtant je suis toujours ici. A conter les aventures diurnes et nocturnes, auxquelles l’on n’attache pas vraiment beaucoup d’attention. On lit simplement des bouts de mots écrits par une inconnue. Pour occuper l’espace et le temporel. Les inactions nous poussent dans des mélancolies enjouées. Et il ne me reste plus que trois jours avant de rentrer.





Les carnets de vie.


Jour cinquante trois :



S’évader des contraintes. S’évader des obligations et corruptions. Je voyage dans un mirage. L’homme est une île. Je mange des bouts de superflus. Encore une fois. Je tends vers la prostitution des idées. La personne d’en face n’est pas un saint. Je m’écarte lorsque les différences me rentrent dedans. Je m’écarte lorsque je ne peux supporter la situation. Je ne suis qu’une pauvre personne humaine et normale. Je relativise la personnalité mais perd le contrôle des grands horizons. On raconte nos aventures, partons dans des discours amoureux. Je suis ce que jamais je ne serais. Le personne de ma personne. Je suis l’invraisemblable erreur.






Les carnets de vie.


Jour cinquante deux :


Les achats nous rendent dépendants. Il est venu le temps, de laisser place au confus et aux compliments controversés. Le mois de décembre est un unique retournement. Les mots défilent par intermittence et par saute d’humeur. Il fait bien trop chaud pour que je puisse m’essouffler à la tâche.

Les carnets de vie.


Jour cinquante et un :



Se remplir les yeux des derniers ornements. La maladie nous emporte. On joue le rôle du condamné. Pour retrouver en un cours laps de temps, nos destins croisés. Les longueurs disparaissent par la contemplation du spleen et de l’insouciance. Irriguer les intentions sur une voie glissante et impraticable. Les espoirs du lendemain, sans réussir à se réveiller. Entrer dans un traditionnel rêve aux parois lisses et idylliques. La nuit prodigue nos soins et arrangent nos humeurs. Les ultimes finissions partent en fumée. C’est un continuel bouleversement qui nous émeut et nous rend touchant. Il y a des songes qui progressent et d’autres qui se tassent. Des ambivalences et des injustices. Le festival reprend. Interpelle l’écoute et l’oreille fine. Le plongeon dans l’irréel ne fini jamais A l’arrivée, nous prendront peur de nos ombres, tout comme il le fut ce vendredi 12.


Il faut tout relire pour tout interpréter.


Les carnets de vie.

Jour trente trois :



Comme si tout semblait paisiblement s’arranger. Arrivée dans une nouvelle famille. Partageant la salle de bain avec 3 autres personnes. Et contant mes aventures françaises. Je pose les questions et attends les réponses. Et reste dans un choix abstrait. Dans trois semaines je les rejoindrais. Décidée. Et puis j’apprivoise mon anglais et renforce mon français. Malgré tout ce que j’ai pu dire auparavant. Cette nécessité de parler français ne veut plus me lâcher. J’écris à nouveau des mots d’amour. Et redessine-le chez moi. Et puis j’ai mangé des bouts d’amour. Des bouts d’émotions et de gourmandise. Très cheeky aujourd’hui. Mais je ne cesse de penser à cet ancien style de vie. Je joue un rôle et n’arrive plus à parler naturellement. Je compte les mots et les apostrophes. Je dirige les sourires vers des figures imposées. Je ne contrôle plus mon espace, et reste en suspens. Et finalement je galère. J’espère maitriser parfaitement la langue, j’espère maitriser l’art des mots et des expressions. Un jour peut être. Et puis il y a lui. Lui qui ne cesse de roder dans mes pensées. Je suis restée quelques instants en prison. Dans une visite glauque et froide. Enrichissante et impressionnante. Et tout fini par nous emporter dans de vastes mélodies plus ou moins mélancoliques, ordonnées et valorisantes.




LES OUBLIES

samedi 13 décembre 2008

Les carnets de vie_.




Jour cinquante :


Les trois semaines se sont écoulées. Aujourd’hui, je rentre dans ma famille irlandaise. Fini les sourires forcés et ennuyés. La péripétie matinale a retentie. A peine huit heures, et la voilà déjà toquant à ma porte, dû à un manque de mémoire. L’état de nervosité, de colère et d’incompréhension me submerge. Il parait que la personne écrivant ces quelques mots, et un être insociable. Peut être la réalité révèle ce genre de caractère, et pourtant, tout simplement, ma personne est arrogante, parce qu’elle ne les aime pas. Il ne faut pas penser aux deux discours. Celui qui existe réellement, et celui que l’on s’imagine. Se baser sur les faux semblants. Fonder de faux jugements. Et un tourbillon de foutaises monumentales.

Les carnets de vie_.



Jour quarante neuf :


Marcher pour prendre un cliché passé qui ne fut pas en cette matinée. Le lever s’est métamorphosé et s’est échappé du ciel. Les éclats ne sont plus. Les rires ont fondus. On se retrouve une fois de plus dans un vendredi long et intenable. Attendant avec impatience la fin des cours pour se plonger dans nos achats de Noël. Les bonnes affaires roulent. Et la pluie se met à tomber. Il ne faut pas lâcher la fin. Il ne faut pas stopper les mots sans mots. Ecoutant un fond de dub, je me prépare pour mon avant dernière soirée avant les vacances. Espérant qu’elle soit aussi bien que les précédentes. Les sans regrets ne doivent pas cesser. Demain le décor rechangera une cinquième fois. Retour aux sources. Retour dans mon ancienne famille d’accueil. La précipitation est à son paroxysme. On parle français le long des étalages, s’amusons malgré notre différence d’âge, et me rends compte que mon obsession vis-à-vis de la jeunesse s’était peut être trop enflammée. La jeunesse de nos instants vaut toute la maturité. Les avants Noël, tout semble figé, les vitrines glacées fondues en page de magasines. Des photographies immobiles qui nous regardent. Les mystérieuses reprennent ce soir. Et puis je suis retourné prendre mon café habituel. Qu’il m’a payé. Parce que finalement le fin papier n’avait pas servi à rien. Juste les problèmes temporels furent en cause. Mais pour autant, aucunes nouvelles du breton. Attendons ce soir pour jeter un œil curieux et indiscret, du côté de nos habituels coins. La nuit s’impatiente. Je file.

Je suis rentrée sans tarder, la soirée n’eût pas été mémorable. Marchant d’un bout à l’autre, accomplissant un Barathon, regardant les fugaces fuser. Passant devant le café, discutant sur la pathétique vie de labeur de l’autre. Et etc. Il y eut bien les compensations egocentriques, mais cela n’a pas suffit à laisser un souvenir réel. L’heure de rentrer à sonner, j’attends le tram avec impatience, mes pieds me font mal. J’attends encore vingt minutes, dépense mes quatre malheureux heureux, et me font dans le décor de l’ivresse. Leurs regards morts et absurdes. Des regards dans le vide, des regards globuleux, l’état régresse et amène la pitié à mes yeux. Ma bouche se sert et pousse des soupirs intérieurs. Décalage pitoyable entre l’âge, l’homme et l’alcool. On se surprend à entrer dans leurs pensées. Se demander pourquoi. Pourquoi ils agissent ainsi. Et se rendre compte finalement que, personne ne les attend à la maison. Personne ne sait vraiment où ils habitent. Personne. Et l’intégrité de nos mots ne poussera jamais la réalité à se lever. Le je est un personnage solitaire et inanimé. Je est personne. C’est ainsi que la gravité implose.

Les carnets de vie_.





Jour quarante huit :



L’alchimie des mots et de l’être. Gardons nos mains lourdes sur la splendide beauté de nos prostitutions. Mis à nous et battu contre le trafic d’émotions. Lire des bouts de phrases, la bouche pendante, et le souffle coupé. Lire en pensant puis penser en lisant. Penser à lire et lire pour penser. Nos multiples facettes. Nos doubles jeux. Un condensé de même expression et même impression. Le ressenti d’une vie funeste et terne, absorbée par la morosité de la routine. Les mêmes personnalités se confondent. Je suis un libre penseur. Destiné à ma perte. La perte de la prospérité et de la drogue littéraire. S’émerveiller pour un rien. Pour une futilité. Pour une beauté extérieure. Le lever de soleil n’aura jamais été aussi impressionniste. L’abstrait. Une douce lumière plongeant mes éclats dans mes rêves enfantins. Jouer l’espiègle enfant. Jouer et épier les bouts de vous. Il a l’art de transporter le savoir. L’art de donner des mots aux mots. Il joue son espiègle. Dans une vocation close. La sensation d’un ciel couvert, au dessus de nos têtes roses. Sensation d’être pour être et non pour l’être. Les mêmes gestes. Nous sommes des clones populaires. Elle a marché tout comme j’ai marché, la même démarche, la même allure, la même légèreté, la même maladresse. La théorie du singulier s’efface peu à peu. L’unique n’a jamais été et ne sera jamais. L’universalité nous plonge dans une ère où l’on voudrait ne pas être. Défendre les bouts de nous. Les chutes de mots. Les cris sourds et stridents. On joue avec nos fausses apparences, nos faussetés crues. Mélanger les conjugaisons et s’attarder sur l’erreur erronée. Faut-il maîtriser la maîtrise des sens. Morfondre l’exhibition pour l’in exhibition. Les silences sourds retentissent et ruissellent. Semer pour aimer et aimer le trio. Musique silencieuse face à l’abandon humain. Les rencontres qui n’ont jamais de fin et jamais de début. Les rencontres que l’on surnomme rencontres mais qui s’évaporent dans nos jours ensembles. Les jeudis soirs. Les jeudis après midi. Nos sourires parce que le weekend arrive. Même si demain c’est examen. J’ai marché dans ma solitude, qui me le rendait bien. Et je n’y voyais pas d’inconvénients. L’inconnu ne me veut pas, je n’irais pas le chercher. J’irais trouver là où je n’attendrais rien. Parce que la jeunesse me poursuit, et me veut du bien, parce que les mots fusent pour que je les utilise, sans qu’ils ne m’en empêchent. Garder le temps pour mon temps, ce temps pour un temps d’écriture. Le bourrage de crâne revient. Les grandes vitesses s’accompagnent de fluidité. Il faut suivre la tendance. Suivre le courant. Les courants d’air et d’eau. Les sens familiers et impromptus. Nos lendemains sans réponses. Et les changements bouleversant notre routine. L’immortalité de nos moments glacés et statiques. J’aime le confus. J’aime les sourdes attentions. La brocante des mots anciens.


Les carnets de vie_.


Jour quarante sept :



L’ouverture sur une extériorisation personnelle. On confond les manipulations avec les tromperies. Femmes bernent mâles, endommagent leur corps et leur âme par leur renversement de situation. Elles ont goûté à leurs fruits et leurs secrets. Volés des bouts d’eux. Volés des bouts d’impunité et de contrefaçon. Tromperie féminine. Parce que le terme m’avait inspiré, mais qu’il s’est expiré. Parce que j’avais dans l’idée d’écrire à ce propos, mais j’ai oublié le fond de ma pensée et son origine. Les montées de bus surement. Les regards des passants. Je m’enrôle dans une sorte de double facette, regardant interrogative, les faces lunatiques humaines. Un jour. Une nuit. Les corps qui se mêlent et s’emmêlent. Je visite la distillerie Jameson, ramène quelques souvenirs, qui feront l’affaire pour vos cadeaux de Noël. Je goûte à toutes les dégustations. Me portant volontaire pour une découverte des saveurs. Les joues rougissent et se réchauffent. Un pied après l’autre. L’autre après l’un. Le regard se trouble, et me voilà déjà emporté dans les bienfaits de l’alcool. La prochaine fois, je penserais à manger avant une telle rasade. Courons dans les rues, pour rattraper le temps perdu. P arlons de choses et d’autres, sans grand intérêt. Sans éprouver l’émotion. Parlons pour passer le temps et dérouiller nos langues. Un regard furtif et fixe. Un papier. Comme à mon habitude. Fini les voyages en train. Juste des voyages en rues. Et je présente l’infidélité de mes conceptions. Je tends le papier sans attendre un regard, et la seconde passée, je m’échappe par l’étroite entrée. Nos rendez vous chez Starbucks. Et pourtant, j’ai encore rêvé de lui. Les mots qui parlent, mais qui ne rappellent jamais. Les impatiences devant l’écran et l’absurdité de la modernité. Je vole dans mes transports peureux. La crainte m’a poursuivie. Il ne reste réellement plus que 9 jours. Pour toi. Pour moi. Et pour eux.

Les carnets de vie_.





Jour quarante six :


J’ai ris de sa démarche aux faux semblants. Maîtrisée et hilarante. On tente d’atteindre la perfection, sans jamais l’acquérir, et sans qu’elle ne nous atteigne. Et l’on rit de nos défauts, puisqu’il faut bien rire de quelque chose d’incongrue. J’avance dans une transparence délavée. J’avance dans des sentiers trop étroits pour s’y attarder. Il m’arrive de rester sur place, tout en gardant une allure vive, parcourant les visages d’un regard indifférent et équivoque. Ouvrir des éventuelles possibilités, sur d’éventuelles situations imaginées de toute pièce. La démarche fluide et volatile s’empare de mes membres. Marcher pour perdre. Et rester assagis dans une atmosphère prospère à la solitude. Un frisson se propage. Les mots coulent et retentissent dans mes pensées simplistes. Il a cueillit des bouts d’intérêts. Dupés l’homme par ses manipulations littéraires fantastiques et modestes. On aimerait que le cœur batte un peu plus fort, que les hauts le cœur reviennent, et que l’on se fonde dans une contemplation parfaite et un bonheur miroitant. J’attends ma légèreté et ma transparence. J’attends les minutes et attends les sonneries. On se complet encore dans des monologues méprisants, distants et indifférents. Complaisant les esprits par nos mots sans mots, nos images qui ne vont que dans une seule direction. Celle de l’incompréhension. On mélange les accords, perdons les conjugaisons en cours de route, puis partons dans nos longs voyages maussades. S’ouvrir sur une inquiétude déconcertante. L’abandon des êtres et âmes. Les joyeuses ruminations. Dans dix jours, mes sourires seront réels. Dans dix jours, je les serrerais dans mes bras. Dans dix jours je serais étrangère au pays. La complainte du chat.

« Thérèse parle volontiers aux hommes qui l’abordent. Aimable. Indifférente. Hors d’atteinte. Elle leur parle sans répondre exactement. Ils croient converser avec elle, mais bien vite, elle leur paraît désespérément inaccessible, et surtout déconcertante. Les mots de Thérèse ne font que croiser silencieusement les questions des hommes. Ils filent sur une autre ligne. Dans une autre direction. Et les hommes sont déroutés. Leur sourire de meneur de jeu s’efface doucement. Ils ne comprennent plus. Pour eux, cette rencontre s’ouvre sur une inquiétude à laquelle ils ne se sont pas préparés. Ils abandonnent. »

Les carnets de vie_.




Jour quarante cinq :


Le matin m’a emporté. La pluie s’est déposée sur le revers de mon béret. Je joue un style français perçant. Je joue avec une personnalité qui n’est pas mienne, mais qui se fond avec mon extérieur. Le cours de la vie à repris son chemin. Il a fallu se lever une fois de plus tôt. Il a fallu affronter les regards, les mots, et les pertes. On ne trouve pas vraiment de consolation dans les grandes assemblées. La semaine passera peut être encore plus vite que la précédente. Ils sont repartis ce midi. Ils sont repartis sans que je puisse leur dire au revoir une dernière fois. Ou bien une seconde fois. Je dois affronter les dernières semaines seule. Comme je le fis auparavant. L’esprit blessé par leur départ, et par mon état statique. Le surpoids m’appelle. Je mange pour m’occuper. Et me regarde pour culpabiliser. Sans vraiment penser à se bouger. Je fixe mon corps à ma fainéantise. J’écoute les phrases françaises que gentiment mon frère m’a délivré. J’écoute nos actualités de l’autre côté de la manche. J’aurais d’ici quelques années peut être un cancer. Le porc nous contamine. Et les gens s’affolent dans des prises de tête énorme. Les pays se meurent dans les problèmes économiques et ne trouvent plus d’issus. Les regards sont maussades et misérables. Ils craignent et je reste indifférente.
Ils sont partis. Tous. Les français. Ils sont partis en me laissant ici, en tête à tête avec ma famille d’accueil. Je me retrouve abandonnée, favorisant votre pitié et/ou compassion. Les sirènes retentissent, et mes fesses se réchauffent tant bien que mal. La vulgarité réapparait, pour mieux se focaliser sur l’absurdité des écrits. Peut être qu’en fin de compte, dans dix ans, je serais mariée. Et puis je serais directeur artistique. C’est peut être ça ma vocation. C’est plutôt plaisant. Plutôt dur et plutôt en contradiction avec ma vitesse d’apprentissage. Les vocations sont en suspens. Plus que 12 jours.


Les carnets de vie_.



Jour quarante quatre :



Ils rirent à n’en plus pouvoir. Rire de nos manies et habitudes. Rire nerveusement parce que l’on sait qu’il y aura une fin. Que la compagnie à ses limites, que l’on voudrait bien ignorer. Tout comme la raison. Tout chaleureux au bord de mer. Marcher une fois de plus, pour oublier la réalité. Puis marcher dans mes souvenirs irlandais. Tant qu’il y en aura. Et je perds l’envie de peaufiner mes textes et mes sentiments. J’ai du partir. Pour de bon. Eux me regardant entrer dans mon taxi. Me regardant disparaitre dans la nuit noire. Dju plongée dans sa jeune solitude. Le temps me traverse et me bouleverse.

Les carnets de vie_.







Jour quarante trois :


On échappe aux règles de l’écriture. Je devais et j’ai volontairement omis les mots. Le temps ne nous fut pas accorder. Les pieds souffrent de nos maux. Les rues sentent la lourdeur de nos pas las et posés. Nous parcourons des bouts de ville, des bouts d’éternité, et traçons les souvenirs français. Quand reviendrais-je hélas. Les blancs.
On a rempli nos yeux de gourmandise et de chaleur humaine. Je les aime et ne souhaite pas rester. Les regarder s’en aller. Rester frustrée, debout, et impuissante face à la destinée. Elle s’impose.
Des journées de bonheur. Longues et intenses aux secrets fermés. Le bonheur ne s’écrit pas. La rareté des instants. Abandonner son âme aux lettres. Je repars dans cet état de joie, repars en compagnie de mes parents, après une courte apparition à un anniversaire, l’instant de se montrer, de montrer que l’on existe toujours malgré les changements. Malgré le vent qui nous emporte. Nous dormons dans cette même chambre, tous ensemble. Je change l’histoire d’une nuit mon décor. Dégustant les instants à court terme. Les mots doux matinaux. Dju savoure sa frustration. Dju se laisse aller.





Les carnets de vie_.





Jour quarante deux :


Parce que je n’aurais surement pas le temps d’écrire quelque chose demain soir. Parce que je serais surement trop occupée à me plaindre et à supplier mes géniteurs de me réinscrire dans mon ancienne école. Parce que je serais bien fatiguée, et toujours autant malade. Et puis simplement parce que je serais trop heureuse pour passer mes soirées face à mon ordinateur, relatant la stupidité du monde, de mon monde, ou parcourir les lignes en racontant mes complaintes. La marche débute. La promenade du chat commence aujourd’hui ou demain.



La douce suite.
Les vendredis ont laissé place aux adieux et à la joie de les retrouver. Je confonds les émotions et me perds entre ce mélange. Du rire aux larmes. Encore une phrase qui sonne et qui ne cesse d’aller et de venir. Comme à nos habitudes, on danse pour ne plus penser, et pensons au comment danser. Les furtifs.
Arrivée à l’hôtel pour les saluer, une petite boutade pour se mettre en forme et le weekend familial s’annonce déjà. J’avais oublié leur voix et leurs gestes. Oublié nos souvenirs et nos rires entrelacés. Ils marchent sans peine ; alors que je peine à marcher, dans ce bout de ville qui n’est pas mien. Consolident leur pensées et perdent vite pied dans l’immensité du ciel ouvert. L’impersonnalité les irrite. Déambulant dans les rues pavées, déambulant dans les nommées surdimensionnées. Je m’affaire dans mes songes, et vois déjà dimanche soir approcher. Je n’avais pas peur. J’avais juste les yeux ouverts remplis d’étoiles enivrantes.
Le temps passe. Je sombre et décide enfin de rentrer en ce début de samedi matin. J’aurais tant désirer ne pas rentrer, ne pas abandonner les moitiés de nous.

Les carnets de vie_.





Jour quarante et un :


Lisons-nous sous les engrenages. La boîte à parole prend de l’espace et de l’importance. La nécessité de retrouver les origines. Ils arrivent demain et la thérapie psychologique n’est pas encore présente. J’ai oublié de vider les parties sombres de mon voyage, pour leur laisser un sourire sage et enjoué. Je joue la norme et oublie la marge. Décadente dans mes gestes et mes frissons. Atomiser les morceaux de Dju. Les rues bousculent les personnes, et nous enivrent de saveurs festives. Noël approche. Et il m’est impossible de jeter un regard incompréhensif français, face aux mêmes décorations de Noël belfortaine. J’enchaîne mes souvenirs à mes pensées, je sens des bouts de nos fêtes dans les rues, je vois le souvenir s’approcher et me regretter. Je resterais bientôt un long dimanche au coin du feu, à sublimer mes instants et à chérir les gens. J’ouvre la porte à mon nouvel ami. Impatience.




J’ai écris abstraitement sur chacun de vous.








Les carnets de vie_.




Jour Quarante :


La trentaine perd son feuillage. On écoute encore quelques mélodies d’Amélie Poulain. On sent le frisson nous parcourir les membres, sans réussir à se réchauffer. Le froid nous enivre et nous pousse dans des mélancolies hasardeuses. Les courbes de la main se sont pliées une nouvelle fois, écrivant sur la couverture d’un livre, quelques mots clés, quelques mots chauds, et quelques mots tout court. Les lignes défilent et elles nous échappent. Je parle en tant que nous. Le nous qui nous regroupe, toi et moi. Le toi qui n’es pas présent mais que je retrouverais bientôt. Sans vraiment avoir réussi à le déterminer. Alors, qui est tu ? J’ai rencontré mon ancien ami de cette ancienne école, que l’on regrette un peu trop. Le temps a défilé, et nous a défiés. Je passe mes journées assise dans un café, pas n’importe lequel évidemment. Celui où l’on sent l’ami irlandais vous soutenir et vous trouver un quelconque intérêt. Alors on prend un siège, on attend que la journée s’achève, et on se réchauffe les membres comme on peut. Je suis un ange perdu dans un corps humain. Déposé gracieusement dans un monde réel qui n’était pas mien. L’ange s’élève et surmonte la routine qui l’embarque. L’élan est coupé, l’inspiration se perd et l’imagination me fuit. Les mots avancent seuls. Les manipulations enfantines nous poursuivent. Pensons et agissons à l’instinct. On perd la conscience des actes, la conscience des mots, la conscience littéraire. Je perds la philosophie qui logeait en moi. Je cours après sans jamais l’atteindre. Confuse entre les valeurs universelles et morales. Confondant les soupçons de lucidité avec la simplicité des esprits. J’ai la nécessité de retrouver ma spiritualité. L’impression de marcher dans un non sens. L’impression de passer à côté de la chose qui m’a fondé. Parce que finalement, cette fille là-bas, cette blonde, banale et française, elle n’est pas si idiote que ça. C’est juste des pas mal que l’on lance. C’est juste des mots d’un futur prêtre, que l’on interprète selon nos humeurs. Parce que moi, je lisais du Saint Augustin, que j’écrivais des bouts de poésie à la Baudelaire, et parce que je crois en la prétention de mes mots dictés. Parce que tout ceci fait la différence, entre la différence humaine, et la différence animale. L’animal que l’on chérit tant, puisqu’il nous est amoureusement fidèle. Il demeure au fond d’un cœur trop grand pour les petites attentions. A l’inverse de l’intention qui ne me désire plus. Vos mots les pousseront à mettre un terme à leur vie utopique. Toujours. Je suis malade.


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Jour trente neuf :




On court après les conversations. On se mêle aux autres en restant seule dans notre silence obscur. Les mots ne parviennent plus au devant de nos lèvres. Les mains se croisent, s’entremêlent et se lassent des gestes quotidiens. Le sourire tant recherché s’est évaporé en l’instant de quelques heures. Quelques trainées d’euphorie restent dans les environs, sans vraiment pouvoir les rattraper. Il a fallu parler avec l’art, pour le voir s’échapper. J’ai omis à ma mission. Entreprenant le lendemain, l’écriture d’avant-hier. Je confonds une fois de plus tous mes maux avec mes mots. Toutes mes émotions avec mes ambitions, et oublie l’essentiel. J’ai lu des morceaux de voile noir.

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Jour trente huit :



Il y a ton sourire. Et l’on se métamorphose dans nos ambivalences. Je signe mon portrait par mon sourire. Il fait la différence. Je garde les mains dans les poches, et parcours le cours de ma journée. Je joue avec nos couleurs, celles qui passent noires puis blanches, celles qui illuminent vos airs. L’on s’improvise poète. Improvise mes gestes. Je suis ton adoré. Apre des nouvelles rencontres, je joue la mijaurée, parce que je le suis, et elle s’élance dans ses grands convois de complaisance. A la recherche de nos fructueuses destinées, je me complet une fois de plus dans cette idéelle, et dans ce mélange d’ironie et d’adresse. L’animal court, l’animal se ronge, l’animal me désire. La bonté de nos mots est tombée, la beauté de mes rêves. Aujourd’hui je suis un autre, je suis le regard souriant, les joues remontées et roses, le regard figé dans un halo de lumière. J’ai mangé des gouttes de bonheur, j’ai rangé l’instinct farouche et peu envieux. Et là, elle danse. Elle s’extasie, lève les jambes et danse. Elle prend une grande inspiration, puis ris à n’en plus pouvoir. Parce qu’elle est heureuse. Parce qu’elle a découvert la nouvelle émotion. Et après tout, on s’en fout. Nos mots sont vulgaires et lâches, mais on s’en fout, on désire juste l’impossible, et il nous parcourt maintenant. On s’en fout de faire des fautes d’orthographe, on les aime, on s’en fout des regards qui vous font des reproches, on envoie tout valser, parce que rien n’est réel. Tout est figé dans votre monotonie des mots. Et l’on crie. Et elle crie. On confond les genres et les formes, parle de l’implacable, et on utilise sans fins les ET. Tout s’envole, tout prend un fond, on pense et on réfléchi, et l’on pense à la vitesse que prennent nos doigts sur les touches froides. Juste pour l’instant de quelques secondes, on s’envoie en l’air, n’aborde pas les sous entendus, il n’y en a pas. J’aime cet auteur, qui sombre en toi. Parce qu’il ne parle jamais et n’écrit rien. Il est juste là. Il ne se justifie pas dans des phrases alambiquées. Il ne côtoie pas les autres. Il est là et me regarde, parce que je suis comme lui. Mais je parle et écris. Je fourvoie ton imagination, mais les lettres sont âpres et blasphématrices. Les joyeuses richesses. La journée des artistes m’appelle. La nouvelle émotion est survenue. Elle marchait paisiblement dans un parc verdoyant, écoutant des rimes mélodieuses, et la pluie s’est présentée. Du rire aux larmes. Les plaisantes.

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Jour trente sept :



MOTS : 10 260.

J’ai rêvé de tant de choses. Que demain soit meilleur que hier, moins pire qu’aujourd’hui à la hauteur de mes prières. […] Les enchainements musicaux reflètent mes arrogances. Il fut dit, il ya très peu de temps, que ce moi, était faux. Je suis un personnage factice qui n’atteint pas l’ambition d’autrui et n’arrive pas à la hauteur de leur espérance. Je suis montée plus haut, toujours plus haut, montée pour atteindre l’éphémère qui me pourchasse. Les yeux brulent sous le rayon des lampes artificielles, et mes doigts se paralysent lorsque leurs mots me touchent. Le sabotage, tout le monde peut le pratiquer, mais certaines personnes sont plus redoutables que d’autres, celles qui ont soif de vengeance, ou celles qui ont un grand besoin d’amour, ou celles qui ont décidé de ne plus faire machine arrière, et celles qui veulent tout simplement quelque chose, quelque chose qui appartient à quelqu’un d’autre. Et l’on rêve toujours du même rêve, celui qui nous hante et réapparait, jusqu’au jour où tout prend une autre tournure. Celui on l’on ne peut empêcher l’imprévisible de venir. Alors ils savourent ces magnifiques journées, dans une optique de satisfaction complète. Et on aimerait vous convaincre plus longuement, des conséquences de nos actes.

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Jour trente six :

Nous avons festoyé l’heureux évènement. L’homme qui prend de l’âge et de la maturité et qui peu à peu perd de sa jeunesse. Sans trouver un équilibre rationnel entre la maturité et la vieillesse, qui nous emporte sans que l’on puisse associer ces traits sur une même balance. Je me suis plu dans cette soirée française. Là où le ne pense plus et l’on agit sans masques, sans couverture identitaire. Et puis quelques heures plus tard, je me réveille doucement, sors un pied puis un second, descend et reprend le rythme de la maisonnée. Répondant de plus belle, aux questions quotidiennes et irrévocables.
J’ai perdu quelque chose en venant ici. Perdu plus que je ne voulais. Plus que je n’aurais cru. Passons outre les détails. Peu à peu mes gestes se froissent et se glacent, agissent comme le temps, décident de ne plus fonctionner. Le sourire mécanique se crispe. Le cœur s’inonde de soupirs. Il pleut à l’intérieur de mes yeux. J’éponge mon corps des sueurs hivernales. Je recolle mes paupières, lourdes et ensommeillées. Je prends de l’élan et erre toute la nuit. Je les regarde, pauvres bonhommes troublés et contrariés. Je vous analyse du haut de mon jeune âge, et vois la tristesse qui émane den vous. Elle aurait bien voulu devenir maman, cette jeune femme. Mais voilà que l’horloge biologique se met en route, voyant passer ses années sans pouvoir les rattraper. La course contre la montre. Tu aurais dû arrêter de scruter tes angles esthétiques, et valoriser la féminité qui sommeillait en toi, douce personne impuissante. Et j’aurais du fermer mes yeux, pour ne pas lire en vous, pour ne pas prendre un passager de plus, ne pas prendre votre tristesse grasse et passionnée. Je la tiens en moi depuis plus d’un mois, mon fardeau me suit et ne me délaisse pas. Me poursuit, me tient par la manche, sans se retourner. Puis part.
Alors qu’il aurait fallu, l’aimer pour la connaitre.




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Jour trente cinq :



Le weekend arrive. Et voilà que nos marches funèbres peu à peu prennent des allures de grande dame magnifiée. Le sourire reviendra petit à petit sur nos lèvres, et l’on chantera à tue tête le bonheur qui nous enivre. Plongée dans un rêve à yeux ouverts, je prolonge mon utopie. Retourner dans un endroit d’envers. Il est venu le temps où il me faut pencher sur de nouveaux horizons et contredire ma contrariété. Le printemps m’attend, mais il me faut passer l’hiver en premier, malgré mes pas automnaux. Et quelles semblent belles ces vestales qui parcourt les rues par de longues enjambées fines. Mais qui sont-elles. Des personnages dénués de sens qui cueillent le destin animal, le fauve chic et marginal. Elles n’accordent plus d’images et de sentiments à leur être, n’engagent plus la même sympathie et le même aspect commun. Il est lasse, petit et mal vêtue, puis elle, elle est grande blonde et classe. Leur corps ne se mélangent pas lors des visions esthétiques, et pourtant. Et pourtant, c’est surement ainsi que le couple se fait, que les choses se créent, que le commencement commence. Le début des Adam et Eve. Des mots d’amour qui pleuvent à n’en plus pouvoir, et vous rendent fou. Je l’aime mon regard critique et fixe. Mon regard qui fusionne et détecte leurs corps. Mon esprit qui s’abandonne à mes maux et mes joies. J’arrive, j’atteins, je prends pieds. Je sombre et j’envie. J’allume et éteins. Je veux me dérober de cette jeunesse factice et inventaire. Artiste de mes rêveries. L’impression d’employer sans cesse les mêmes mots, les mêmes images et métaphores. Les mêmes expressions littéraires. Et le monde m’envahit sans que je puisse prendre une dernière bouchée d’air frais et pur. Il est trop tard. Je coule dans mon chagrin irlandais. Je coule dans cette paresse libre qui ne veut plus me faire avancer.

Pour toi, pour moi, pour nous. Envie d’envoyer tout en l’air sans que les choses ne se brisent.

Les carnets de vie_.




Jour trente cinq :






Le weekend arrive. Et voilà que nos marches funèbres peu à peu prennent des allures de grande dame magnifiée. Le sourire reviendra petit à petit sur nos lèvres, et l’on chantera à tue tête le bonheur qui nous enivre. Plongée dans un rêve à yeux ouverts, je prolonge mon utopie. Retourner dans un endroit d’envers. Il est venu le temps où il me faut pencher sur de nouveaux horizons et contredire ma contrariété. Le printemps m’attend, mais il me faut passer l’hiver en premier, malgré mes pas automnaux. Et quelles semblent belles ces vestales qui parcourt les rues par de longues enjambées fines. Mais qui sont-elles. Des personnages dénués de sens qui cueillent le destin animal, le fauve chic et marginal. Elles n’accordent plus d’images et de sentiments à leur être, n’engagent plus la même sympathie et le même aspect commun. Il est lasse, petit et mal vêtue, puis elle, elle est grande blonde et classe. Leur corps ne se mélangent pas lors des visions esthétiques, et pourtant. Et pourtant, c’est surement ainsi que le couple se fait, que les choses se créent, que le commencement commence. Le début des Adam et Eve. Des mots d’amour qui pleuvent à n’en plus pouvoir, et vous rendent fou. Je l’aime mon regard critique et fixe. Mon regard qui fusionne et détecte leurs corps. Mon esprit qui s’abandonne à mes maux et mes joies. J’arrive, j’atteins, je prends pieds. Je sombre et j’envie. J’allume et éteins. Je veux me dérober de cette jeunesse factice et inventaire. Artiste de mes rêveries. L’impression d’employer sans cesse les mêmes mots, les mêmes images et métaphores. Les mêmes expressions littéraires. Et le monde m’envahit sans que je puisse prendre une dernière bouchée d’air frais et pur. Il est trop tard. Je coule dans mon chagrin irlandais. Je coule dans cette paresse libre qui ne veut plus me faire avancer.

Pour toi, pour moi, pour nous. Envie d’envoyer tout en l’air sans que les choses ne se brisent.


Les carnets de vie_.



Jour trente quatre :




Les métamorphoses. Ils ont cru que je ne maîtrisais pas leur savoir. Et je me plaisais dans ce jeu, celui de tendre l’oreille et d’écouter les bagatelles dites. Cette animation qui me plaisait et me laissait cerner les diverses personnalités. Et puis tout s’est achevé en une fraction de seconde. Ils ont su. Ils ont vu. Ils ont parlé. Tout s’est écroulé. Comme lorsque l’on marche dans la rue, grande ou petite, étroite ou sombre, peu importe. Mais juste parcourir cette rue, regarder les centaines de gens passant, s’arrêtant, discutant, mémoriser leur trait, leur expression, leur allure. Se retrouver en osmose avec son soi intérieur et commencer l’écriture orale de leur vie. Se créer des personnages d’après des réels, puis réinventer l’histoire. La leur. Et tout ce cheminement qui nous parait à la fois simple, mais tellement dérisoire. Se dire que ces visages, nous ne les reverrons plus. Qu’il n’y a eu qu’une fraction de seconde en commun, nos deux regards qui se croisent, et puis c’est fini. Les grandes villes sont impersonnelles. Les bouts de mots reviennent, les pensées se dérobent, et les regards deviennent malicieux. Soudainement, je prends de l’allure, tente d’accéder à ce que je ne suis pas, et désire le don de la parole légère. Ce trait naturel que l’on ne peut atteindre. J’accède au paroxysme de mon être, sans vraiment le toucher. Ma légèreté est dure et introuvable. Les mots sortant sont dévalorisés puis communs. Ils n’ont pas d’âme et pas de manière. Ils tendent vers l’irréalité. Et je tends peu à peu vers l’utopie.
Les coups de blues. Je ne contrôle plus mon univers. Aujourd’hui ne me regarde pas. Sage somnambule que je suis. Je traverse les sentiers, les yeux à moitié ouverts, à moitié fermés. Et puis aujourd’hui toujours, mon amour, je ne supporte plus le tout du rien. Ce jour là je suis en guerre. La continuelle bagarre entre l’intérieur et l’extérieur, et tenter de rester en paix avec le juste milieu. Le frisson me parcourt. D’un touché je ressens une fois de plus mes mots. Je veux pouvoir les serrer et leur parler, comme une pauvre sénile, qui ne sait plus à qui parler. Et pourquoi continuer à le faire. Je désire l’impénétrable. Les mélodies jaillissent de cette technologie ambivalente, et me donnent froid. Je suis malade de lassitude. Et puis aujourd’hui mon beau, j’ai changé de niveau. Et les heures sont passées largement plus vite. Mais les belles amitiés ne sont pas présentes, et ils finissent par me regarder comme un être à part. Une petite bête perdue dans une grande bâtisse, mettant un pied devant l’autre, sans faire attention aux aléas de la vie. Je vis dans une autoroute en travaux. Pardonne mon spleen.