J’ai glacé mon regard dans un froid polaire. Prenant conscience de l’impossibilité. Ils n’ont pas aimé mon regard. Ils n’ont pas aimé ce que je dégageais, et je me brusque lors de leurs regards trop consciencieux. Et la journée a une fois de plus défilée. En vitesse saturée. L’impression de passer la plus grande partie à penser et à imaginer quelques solutions pour passer le temps. Passer le temps pour passer le temps. Et dépenser son temps dans des futilités in utilitaires. Se plaindre auprès de la direction, inventer tout un monde aux détails absorbants, quelques cris poussés a quatre heure du matin, quelques souffles saccadés, puis des portes lourdes qui claquent dans l’air froid de la demeure. Créer une invention. Penser sous forme de supercherie continuelle, et absorber une double personnalité. Je descends le carnet à la main, gribouillant quelques croquis, quelques bouts de mots, et regardant le vide sans vraiment regarder. L’on marche encore à s’en blesser, le vent contre nous et les autres derrière nous. Quelques conversations qui volent et fusent, quelques mots de français glissés dans nos paroles, puis des beaux sourires forcés, des rires bafoués, et l’on commence à parler à l’internationale. Tout défile sans que l’on ne s’imagine les conséquences. On est juste placé dans une pâle innocence. Dans une semaine ou plus, ils seront là. Et je leur ferais visiter cette cité mal lunée, ce bonheur factice, et ce saut dans le vide. Puis il a fallu rentrer. Comme chaque fin de journée. Et se prendre la tête avec la famille d’accueil qui ne comprend pas l’être qui dort chez elle. La prochaine fois, elle fera moins de bruit. La nuit.
mardi 25 novembre 2008
Les carnets de vie.
J’ai glacé mon regard dans un froid polaire. Prenant conscience de l’impossibilité. Ils n’ont pas aimé mon regard. Ils n’ont pas aimé ce que je dégageais, et je me brusque lors de leurs regards trop consciencieux. Et la journée a une fois de plus défilée. En vitesse saturée. L’impression de passer la plus grande partie à penser et à imaginer quelques solutions pour passer le temps. Passer le temps pour passer le temps. Et dépenser son temps dans des futilités in utilitaires. Se plaindre auprès de la direction, inventer tout un monde aux détails absorbants, quelques cris poussés a quatre heure du matin, quelques souffles saccadés, puis des portes lourdes qui claquent dans l’air froid de la demeure. Créer une invention. Penser sous forme de supercherie continuelle, et absorber une double personnalité. Je descends le carnet à la main, gribouillant quelques croquis, quelques bouts de mots, et regardant le vide sans vraiment regarder. L’on marche encore à s’en blesser, le vent contre nous et les autres derrière nous. Quelques conversations qui volent et fusent, quelques mots de français glissés dans nos paroles, puis des beaux sourires forcés, des rires bafoués, et l’on commence à parler à l’internationale. Tout défile sans que l’on ne s’imagine les conséquences. On est juste placé dans une pâle innocence. Dans une semaine ou plus, ils seront là. Et je leur ferais visiter cette cité mal lunée, ce bonheur factice, et ce saut dans le vide. Puis il a fallu rentrer. Comme chaque fin de journée. Et se prendre la tête avec la famille d’accueil qui ne comprend pas l’être qui dort chez elle. La prochaine fois, elle fera moins de bruit. La nuit.
Les carnets de vie.
Mon premier nouveau jour d’école. J’ai griffonné des pages et des pages avec des mots sans valeurs, des mots futiles et simplistes, crée des croquis et autres esquisses dans le but de parvenir à une certaine fin, et exposer enfin avec lui. Des choses vulgaires. J’ai ris des larmes. J’ai écouté cette chanson. Marché, mangé, et marché. Ma journée s’achève.
Les carnets de vie.
Je m’esquinte les pieds à marcher. Je m’esquinte la tête à force de penser. Et m’esquinte le sourire depuis que je l’ai abandonné. J’ai recommencé à compter les jours, attendant celui qui se rapproche. Le 13 je retournerais dans mon ancienne famille. Et je me veux de dépenser tout le temps qui encombre cette date. J’ai marché à n’en plus pouvoir, j’ai pleuré, beaucoup pleuré. A l’intérieur. Je ne voulais pas montrer cette mélancolie. Je ne voulais pas que l’on lise en moi, et pourtant. Les artistes sont arrivés à leur fin. Je me meurs au plus profond de moi, et ressent le sentiment d’insatisfaction, continuelle. J’exauce quelques vœux, réalise la stupidité de ma personne, à toujours trop en vouloir, et trop en voir. Et je comprends peu à peu qu’il faut rester là où l’on se sent bien. Alors pourquoi ne pas être restée à la maison ? Cette nuit, elle m’a réveillé, cette nouvelle maman. Elle est rentrée bien tard, avec son amant. Et je les ai entendus s’amuser dans leur chambre. C’est une demeure embarrassante. Alors je commence peu à peu à m’interroger, à me demander s’il ne serait pas plus judicieux de partir quelques jours, une valise à la main, et m’installer dans un hôtel. Ou squatter quelques temps chez des amis. Je ne sais pas, ne sais plus. Et le tourbillon de la vie reprend. Je tourne en rond dans mes pensées, mon imagination prend peu à peu fin. Et la pluie tombe. L’impression de ne pas avoir dormi depuis des semaines, l’impression de recommencer une thérapie personnelle. Et se dire que, je suis une chanceuse. Il faut que je tente de m’en persuader. J’écoute nos mélodies. Nos rires et nos larmes. Nos mots d’amour. Je nécessite l’inaccessible. Et l’inaccessible ne veut plus de moi. Mon regard se pose sur ces hommes. Ceux qui furtivement lancent un petit regard, sans sens. Et l’on part dans des histoires à l’eau de rose, d’un homme et d’une femme, qui finissent par s’aimer. Surement que je les aime ces histoires. Mais ce ne sont que des histoires. Des bouts de récits sans fin heureuse. Puisque je suis un être incontrôlable. Mélancolique rêveuse. FIN.
Les carnets de vie.
Tu lis ou tu zappes. A toi de choisir.
Je choisis la lecture de mon intérieur maussade. Je me réveille 6 heures plus tard par un bruit incessant et irritant. Descendant quelques instants plus tard dans le froid, tirant mes membres et relaxant mes pensées. Aujourd’hui je tourne une nouvelle page. Mais elle est déjà noire. Déjà bien noire avant d’y avoir écrit quoique ce soit. J’écrivais des ribambelles de mots sans âme, sans tonalité ou sans intensité. J’écris dorénavant des mots froids et glauques, des mots déçus.
Retour en arrière. Ma dernière journée dans ma famille d’accueil. Ma famille. Cette seconde famille. La meilleure. Ce que l’on regrette après coup. J’ai ris avec, j’ai trouvé l’affection d’une mère pour tous membres de la maisonnée. Et voilà qu’à l’heure de l’écriture, je me retrouve à l’opposé du rêve. Bloquée dans un quartier industriel et pauvre, bloquée dans une chambre minuscule. Je vole au dessus des détails. Et je veux rentrer.
Elle avait prévu de faire des cookies aujourd’hui. Pour mon départ. Mais voilà que je m’en vais bien avant de prendre le temps de les déguster. Et voilà que je pars de la perfection pour m’enterrer dans un trou à rat. Et voilà que les larmes reviennent. Parce que je suis bien trop faible pour affronter la réalité. Parce que je n’ose pas garder les yeux ouverts et penser subtilement aux jours qui m’attendent. Et tout a basculé quand j’ai su que j’étais condamnée. Il n’est que quatre heure, et la journée annonce déjà sa fin. J’aimerais me fixer dans une mélodie du bonheur. J’ai voulu approuver ma curiosité et l’assister, lui donner raison et partir à la conquête des nouveaux espaces. Le temps d’un au revoir, je me retourne et je regrette peu à peu. Les jours avaient passé tellement vite. Et déjà un mois que je me trouve en Irlande. Et l’impression d’entrer dans une intriguante roue, en marche arrière, se fonde. 29. Demain 30. Le sourire forcé se renchérit. Demain va être long.
Les carnets de vie.
Mon Quatrième vendredi. Nous sommes le 21 novembre, je pense avoir oublié la moitié des choses à faire, la moitié des choses à souhaiter, et la moitié des choses à ne pas oublier. Je me presse de rentrer pour savourer mes instants en leur compagnie. Et raconter mes péripéties qui n’en sont pas, mais qui rêvent de sortir de cet intérieur sordide. Demain, ça fera déjà un mois que je suis là. Un mois sans les voir et sans le voir. Un mois en pensant sans cesse à demain et à son futur incertain. Et puis tout prend un tournant différent de celui des premiers jours. Je quitte mon école, et recommence dans une nouvelle lundi. Je quitte ces faux amis pour m’en refaire de nouveaux. Et je m’extasie dans mon indépendance adultère. Ils ont rit de moi par sympathie, et riront une dernière fois de moi par tristesse. Ou peut être pas. Cette seconde peau qui me colle et qui ne se défait pas. Ils ont été comme j’ai été. Seule. Puis aimée. On lance des derniers mon petit canard, ou mon petit cochon, en riant sur l’absurdité des mots que l’on sort. On s’autorise encore une fois à se moquer de l’espèce humaine à côté de nous. Et on rit en se déliant la langue. Je ne me reconnais pas nécessairement, mais je me dois de détendre mon atmosphère. Je tends le bras pour y comparer mon espace vital, comparer ce qu’il me reste à accomplir. Comparer ce toi de moi d’avant ce moi de toi. Je dois commencer à travailler, trouver mes mots et accomplir ma destinée. La vie quotidienne des adultes. Je dois dompter ma boulimie vestimentaire. Je dois. Sans cesse devoir. Les mots filent à toute vitesse, telles des étoiles filantes qui n’attendent jamais que nos vœux se finissent. Abrutir son cerveau est devenu l’axe dominant ces derniers temps. Tenter de comprendre l’anglais irlandais, et se créer une sorte de jargon pour paraître plus cool. Mon carnet me suit un peu plus, et un peu partout. Je m’écris en lui, et ressens l’intensité de mes mots d’un revers de moi. C’est une saveur fabuleuse que celle de la fierté. Il est mon esclave, et dompte mes humeurs.
Les carnets de vie.
Ils marchèrent tous, la tête haute, la démarche fluide et maitrisée, comme s’il y avait un réel but à leur vie, une sorte de destinée, ou d’une foutaise de ce goût là. Et peu à peu, j’entreprends de sourire, sourire pour ne rien dire, pour ne rien faire, sourire dans le vide, comme ceux qui le pratiquaient bien avant que je le découvre. Je fais partie de cette minorité, qui ne trouble pas son regard par ceux des autres, ou bien c’est ce que l’on me persuade d’être. L’on marche la tête haute et le regard posé en face, sans vraiment trouver son chemin, et vouloir le trouver. On avance par crainte ou par ennui. Par occupation du temps. On avance dans un vide noir, entouré d’inconnus aux histoires complexes. Et sans compter courir après mes arts, comme l’autre le disait si bien, je cours après moi. Il me demande d’exposer avec lui. Il me demande d’entrer en introspection et de me faire confiance. Je te fais confiance. L’action de croire en quelqu’un ne suffit pas pour deux. Je rêve les yeux ouverts. Et je suis à découvert. Ma vie est chère et pourtant il n’y a pas de matière. Il y a juste suffisamment de dégout, pour que l’on désire s’y attarder ou même s’y attacher. Je suis heureuse, malgré tout. Je suis ce que le reste n’est pas. Une putain de chanceuse. Il faut croire. Toujours croire. Cette connaissance savoure mon être. Se répand et s’explique dans un bordel de mots vulgaires.
PS : Plus qu’un mois avant de rentrer.
Les carnets de vie.
Je ne sais qu’écrire. Alors, « je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ».
Ps : Bon anniversaire.
J’étais là. Et je l’attendais dans la brise. Les cheveux au vent et la tête dans les étoiles. Je voyais la magie des ciels se confondre dans mes pensées. Les contrastes ruisselaient. Et c’était juste beau. Juste ce qu’il y avait de plus beau à voir et à contempler. Et peu importe les troubles du langage, peu importe les troubles psychologiques qui trainaient dans ma tête raidie, j’étais bien. J’amplifiais mon bonheur au fil des jours. J’enflais le rêve pour que bientôt il devienne réalité. Se sentir vivant. Ils étaient juste deux êtres semblables, qui s’animaient dans leur ressemblance, et s’enjouaient de penser aux même choses. Et vois comme mes mots se raccourcissent, vois comme mes maux réduisent, et comme mes écrits deviennent inanimés. Peut être est-ce l’aire du je vais bien ne t’en fais pas. Et le fameux reviens moi, qui ne tardera pas trop, qui se lasse mais se prélasse.
Les carnets de vie.
Nous avons parcouru les rues. Cherché quelques animations et activités diverses. Et couru après nos rêves. Nous entrâmes dans un magasin, découvrirent les prix faramineux des produits, et repartirent, laissant un regard éventré sur le seuil de la porte au vendeur. Fidèle à elle-même. Dju ne reste jamais les bras croisés, regardant le vide longtemps. Elle s’anime dans ses jeux favoris. Et tous ces jeux finissent par payer sur les conséquences d’une vie morose.
Nous échangions quelques numéros, prévoyions une sortie vendredi soir, installée sous le signe de la femme et de la drague. Un truc comme ça. Mais on s’en fout.
Il prit la parole. Et je m’en serais fortement passé. Il est atteint de la pire des maladies. La vulgarité. Et je m’offusque dès ses premiers mots. Et jure qu’un beau jour, lorsque tout sera paisible et silencieux, je lancerais un je te hais. Et le reste du monde ira réellement mieux.
Je suis rentrée à la maison de transition. Et puis, j’ai commencé à écrire mon premier livre. Et la journée s’est achevée. Encore une fois.
Les carnets de vie.
Les extraits de vie.
« Avant, Je croyais que la violence était dans les cris, dans les coups, la guerre et le sang. Maintenant je sais que la violence est aussi dans le silence, qu’elle est parfois invisible à l’œil nu. La violence est ce temps qui recouvre les blessures, l’enchaînement irréductible des jours, cet impossible retour en arrière. La violence est ce qui nous échappe, elle se tait, ne se montre pas, la violence est ce qui ne trouve pas d’explication, ce qui à jamais restera opaque. »
J’ai fini par observé et analyser ces traits de caractère. Ces traits qui en disent plus mais qui devraient en dire moins. Ils ont vécu les effets secondaires de la vie, sans qu’il n’y ait de notice. Sans que le mode d’emploi leur soit expliqué. Et sans qu’on me le révèle. Les choses se sont basculées comme ça, d’un revers de main, sans préméditation. Elles s’arrêtent pour parfois reprendre, mais pour bien souvent ne plus jamais revenir. J’aime ces lignes réfléchies qui offrent à mon esprit une minute supplémentaire d’intelligence. J’ai aimé lire les mots choquants et troublants de ces écrits, parce que simplement, les mots étaient simples et explicites. Il n’y a pas de mensonges dans les dires, il n’y a pas de faux semblants, et l’on s’inonde d’incompréhension à chaque nouvelle lecture, à chaque nouveau début d’histoire invraisemblable. Je multiplie les journées engourdies, avachie dans mon lit et contant mes faces sombres. Et j’admire cette amputation de l’esprit, cette force de jouer sur les mots et de se complaire dans un ensemble sobre de jolies choses. L’écriture de mes vingt quatrième jours ne reflète pas mes journées irlandaises. Elle reflète avec simplicité, la fin d’une lecture littéraire profonde.
Les carnets de vie.
Jour Vingt deux :
Je voudrais être pour ne plus être. Regarder sans voir. Ecouter sans entendre. Parler sans pouvoir. J’ouvre les bras à ce qui n’est pas accessible. Tout comme il l’était pour moi. Je vois dans les vitrines les décorations de Noel, et je m’imagine déjà au coin du feu, dans ma maison et avec ma famille. Ces petites choses et détails qui me manquent en fin de compte. Alors je compte encore les jours, au bout de trois jours je les barre, et recommence. Et ainsi de suite. Je n’ai pas eu le courage de sortir aujourd’hui, alors depuis midi je reste cloitrée dans ma chambre en tête à tête avec mon ordinateur, ou avec la télévision, me rendant encore plus pathétique que d’habitude, à déblatérer des mots incongrus, et raconter à la façon d’un journal intime mes émois. Alors je vais me taire pour cette fois ci, et rester paresseuse.
3 semaines.
PS : quelques jours plus tôt. Les messages troublants. « Hey Dju dis pas ça, t’es une fille bien. On a passé de bons moments ensemble. » __ « I don’t want, you’re too young and I don‘t really like you. »
Les carnets de vie.
J’abandonne mon corps à la paresse. Je m’autorise des horaires flexibles, et pose mon regard dans le vide, une fois de plus. Le début de la fin. La semaine s’achève, ce n’est que la troisième, et les rencontres s’enchainent. Je traine dans ma paresse, sors à gauche à droite, profite d’être une femme pour dépenser. J’étais là tu vois, en classe, et on me demanda ce que j’allais faire de mon weekend, et comme chaque weekend, on ne sait jamais. J’ai mangé une part de haine cette nuit là. J’ai voulu profiter pleinement de mes heures de solitude affective, pour aller à l’encontre de ma personnalité et de ce que je veux faire paraître. Je ne suis qu’une pâle copie d’Irlandaise. Mais il fallait profiter de la soirée, c’était la dernière de Christian, l’italiano, alors il fallait sortir, s’amuser, penser à autre chose, et évacuer les pensées tristes du rêve. Il fallait interpréter les nuits irlandaises en hommage à cet être. J’avançais dans l’assemblée, je les regardais, et m’amusais une fois de plus avec leurs regards, me croyant être au paroxysme de mes capacités de séduction. Je tends l’oreille, un sex vient se balader entre les mélodies électroniques du pub. Je parle, fais mine de comprendre et d’aimer. Esquisse ce fameux sourire pour dire que tout va bien, et provoque ma petite personne. La soirée s’achève. Je crois avoir largement rempli mon défi. Je crois que ce monde m’échappe, cette perversion de l’esprit, cette hypocrisie gratuite et ces mots faciles. Je regrette. Ma première résolution, sera de rester fidèle à moi-même et à mes principes. Même si pour l’histoire de quelques secondes, je me plais dans ce double jeu et cette double personnalité, me rendant un peu de mon prestige et offrant un large panel de sentiments de bien être. Mais le rêve d’être est éphémère. Et puis voilà, la journée s’achève, je rentre dans ma famille d’accueil à midi. Pense et repense à la naïveté de ma jeunesse.
lundi 24 novembre 2008
Les carnets de vie.
Jour vingt :
Capri. C’est fini. Hier soir, le prince charmant s’en est allé. Laissant derrière lui la belle au bois dormant. Elle se piqua le doigt, mangea une pomme, et s’endormie dans ses sanglots. Tandis que lui, parti, refis ça vit, et vécu longtemps heureux. Je n’ai pas eu la force aujourd’hui, d’affronter les regards, ni de me forcer à parler, ni de rire. J’ai perdu mes bonnes manières et mes repères, et je m’efforce de rester solide. Je suis un mensonge réel, dénué de sens et doté d’un vide froid. Les maux sont durs et les mots sont légers. J’écris des bouts de pages, sur de fines couches de papier, en espérant me libérer la pensée et la conscience. Je cherche chez autrui un peu d’aventures éphémères, mais personne ne répond avec enthousiasme. Je me vois bloquée dans une idéologie féminine transversale, et ces personnes en face de moi, qui ne m’aiment pas. Ma jeunesse me joue des tours, et m’emprisonne dans une foi morbide. Je suis un art empoisonné.
Les carnets de vie.
Le reste du monde m’échappe. J’échappe aux règles fondamentalement humaines. Puis j’échappe au reste du moi. Je fais partie de ces gens, dont le vide s’est emparé d’eux, sans avoir été prévenu auparavant. Je plonge mes maux dans mes mots, je joue les dicteurs d’émotions, puis les intermittents. J’adopte l’attitude du divorce. Dois-je ou non rester. Ai-je ou non le choix. Et ces interminables suppositions. J’abandonne mon cœur à l’âme. Je plonge mon regard dans les œuvres modernes des musées d’art, je plonge mes réflexions dans le regard de ces artistes, et reste muette face à ces esquisses. Peut être pas parce qu’elles me plaisent, peut être simplement parce qu’elles me parlent indirectement, et qu’elles font naitre en moi une certaine tristesse déjà présente, mais simplement à plus forte importance. Et en écrivant ces mots, j’écoute cette chanson tant aimée. You are my sister. Et toutes ces choses qui finissent par remonter à la surface les frissons émotifs. J’ai regardé des objets. Des choses. Des morceaux de personne. J’y ai vu les parcelles familiales. Je crois, il me semble, et cela me parait presque évident, que maman me manque. Délaissé famille, amis, confort, pour me retrouver dans les sentiers inconnus et impersonnels. Je cours à la recherche de mes arts. Sans que cette fois ci, la frénésie me touche. Mon meilleur ami s’appelle Solitude. Encore. Et ne m’oublie pas.
Les carnets de vie.
Jour Dix-huit :
Les pensées sombres sont toujours omniprésentes. Je reste une journée de plus enfermée dans ma solitude, dans cette chambre sombre éclairée par la lumière des bougies, opposant ma tête et mon cœur, et jouant avec ce conflit inconditionnel. C’est sans interférence, que j’accomplis ma tâche, d’écrire une parcelle de ce voyage, chaque jour. Et je me force parfois il est vrai, à relater les récits de mes journées, peu fructueuses. La fatigue, l’ennui ou la tristesse s’emparent bien souvent de mes membres, ne pouvant ainsi, plus exprimer les troubles couloirs de mon esprit. Nous sommes mardi de la troisième semaine, tout peut sembler passer vite, comme tout peut sembler passer lentement, je coche les trois jours, puis quelques temps après les rayent, pour recommencer avec de nouveaux. Sortons alors, danser sur des rythmes irlandais, partons se vider la tête, avec des pintes de Guinness, et des rires loufoques. Evadons nos états d’âme dans notre alcoolisme expansif. Elle est partie à la recherche des regards, son éternel jeu de séduction laissant entrevoir une certaine retenue, dotée d’un arrogant mystère. Et puis, les yeux rivés dans le vide, les yeux ébahis, les pensées sombres réapparaissent. On tente une fois de plus de téléphoner à l’être cher. On tente une fois de plus, d’entendre sa douce voix, puis ses rires décharnés, dans une certaine lassitude vaine. Je repartirais dans la sombre et profonde nuit, le cœur déchu, et les yeux brulants. Les journées pèsent sur mes sentiments. Je devrais penser à écouter plus longuement ma tête, que le reste de mon corps. Quoique assez paradoxal que cela puisse être, ma tête ne cesse jamais de fonctionner. Simplement, cette absurdité humaine, de croire que l’on ne pense pas, alors que l’on pense à ne pas penser.
Les carnets de vie.
Rien de particulier à raconter. Je me suis à nouveau perdue dans les rues. Il me faudra encore quelques temps pour trouver de nouveaux repères. Et je me rends compte petit à petit, que je ne fais jamais l’affaire. Que je ne suis pas satisfaisante, et que les personnes se lassent vite de moi. Mais que faire, mise à part rester moi-même. Peut être devrais je rejouer avec ce sourire hypocrite, et me forcer à être l’inverse de ce que je suis. Je ne sais vraiment plus quoi penser, et je m’efforce de le faire. Ils ne savent juste pas ce qu’ils ratent. C’est ainsi qu’il faut se persuader de voir les choses. Autant partir sur cette idée fixe. En attendant je mange du chocolat avec 30% de matières grasses, mais peu importe, puisqu’il ne viendra jamais me voir. Autant manger pour le plaisir de grossir et pour le plaisir d’être abandonnée. Il ne restera jamais avec moi. En ces mots je signe d’un X des lettres pathétiquement pitoyables.
Les carnets de vie.
Dju a changé de famille. Pour une surement meilleure. Anyway. Et je lui ai envoyé un message. Parce que en fin de compte, je l’aime bien ce petit italien. Et puis parce que Pierre ne me répond toujours pas. Il me parait plus raisonnable d’abandonner petit à petit les espérances et rêves démesurés.
Les carnets de vie.
Je suis rentrée. Tentant de ne pas penser à ma soirée. Tentant vainement d’adresser la parole à Pierre. Tentant vainement de garder les yeux ouverts. Trop de macchue picchue sont présents. J’avance avec beaucoup de mal, dans la découverte de la maison Guinness, j’observe les éléments avec frénésie et m’inonde de pensées. Encore une de ces journées où l’on ne sait ce que l’on fait et pourquoi on le fait, on avance à l’aveuglette, s’infligeant quelques contraintes. Plus rien ne me touche. Je regarde mes pieds. Je pourrais rester allongée sur mon lit, sans jamais voir la fatigue arriver, sans vraiment prendre conscience que le temps passe et qu’il ne m’attend pas. Je cherche les meilleurs moyens pour que le temps passe à grande vitesse. Aujourd’hui je ne veux plus sortir. Il faudrait emprisonner cette personnalité extravagante, écrasant le reste des choses positivement correctes. Il faudrait emprisonner l’esprit pour qu’il ne puisse plus penser, et qu’il laisse la maitresse se reposer à son gré. Aujourd’hui tout est plus dur. J’attends des réponses à des questions sous entendues, je cherche des détails qui me satisferont dans mon ennui humain. Mes allers retours dans le train me paraissent étranges. J’essaye de connaitre la vie de tout le monde, lisant sur leur visage leurs émotions ainsi que leur fatigue. Leurs obstacles et leurs attentes. Les que font ils en rentrant chez eux fusent. Ce jeune garçon qui pense surement à ce qu’il va dire à sa mère. Ou cette femme qui attend depuis plusieurs années l’amour. Et puis l’autre qui, d’un ton sévère se donne un genre. Celle qui tente d’être quelqu'un d’autre l’histoire de quelques secondes. Cette chose que Dju tente de faire incessamment. Et des blablas chimériques. Je suis fatiguée, encore un épisode de how i met your mother, pour ainsi penser à cette personne…aimée.
Les carnets de vie.
Fin de la semaine s’annonce déjà. Tout semblait prendre une longue mesure, lors des premiers jours. Et tout semble, peu à peu se ranger dans un quotidien lassant. Je vis telle une routine, en faisant de moi un être souriant durant les heures creuses, et riant sarcastiquement aux hypocrisies gratuites. Je glace mon regard dans des songes incessants, sur le pourquoi du comment et toujours les comment du pourquoi. Drôle de vendredi que ce lui ci, partie en ville faire quelques achats, se trouver une nouvelle robe, s’imaginer dans des postures superficielles, et songer à ce soir. Puis prendre son téléphone, lancer un message à l’espagnol. Quelques heures plus tard, les deux jeunes gens sont en tête à tête, dans un café. Et ce qui ne dut pas arriver arriva. Il a essayé. Je me félicite de plus en plus de ma réussite vis-à-vis de la fidélité, serait-ce uniquement dû au fait que j’ai, finalement, trouvé celui que je désirais ? Celui sur qui on se fixe, et où rêver de lui émerveille nos nuits. Mais il n’est pas là. Je vous rejoins, vous étrangers, dans le centre pour une bouffe ensemble, si je n’étais pas repartie me préparer pour ce soir. Chez Riccardo. Ma soirée fut un désappointement total. Un début de soirée qui n’a jamais démarré, ces regards fixes que l’on vous jette, parce que finalement vous n’êtes pas fait pareil. Habillée sur son sixties pour une soirée charmeuse à la quête des émotions mystérieuses. Vous qui ne parlez en fin de compte pas mon langage, qui ne comprennent pas quel être se dissimule en cette Dju. Elle est timide, oui elle l’est. Elle ne s’aime pas vraiment, et nécessite toujours le regard d’autrui pour se voir. Puis avec ses talons hauts percher, la belle féline gambade dans les rues du Temple bar, cherche l’appartement, où jeune demoiselle dormira plus tard dans la soirée, ou matinée. Un début tendu, et intimidant, se retrouver avec des personnes, que, l’on n’eu jamais vu auparavant, se forçant à dire quelque chose, sans que les mots ne sortent, et rester la bouche entre ouverte, esquissant un micro sourire, en signe de compréhension. Je bois. Je bois. J’essaye peu à peu d’échapper à ma misère. Je fais les allers retours aux toilettes, contant ma pitoyable histoire à Fatima, travaillant…là bas. Je joue avec eux encore une fois, troublant leur regard par leur mien, puis je danse avec lui, le laissant croire qu’il arrivera à une quelconque fin. J’essaye peu à peu d’être une toute autre personne, très avenante, ne prenant pas peur face à l’anglais d’autrui. Et puis je le vois, discutant avec cette jeune femme. Décoinçant son sourire italien. Et cette nuit là, j’ai compris la possession. Jalouse de l’intérêt qu’il lui porte. Jalouse de savoir qu’il la trouve séduisante, et peut être pas moi. Jalouse de moi-même. Alors je m’en vais avec autrui. Il me voit et concrétise ses ambitions. Nous retournons à l’appartement, sans lui. Quelques discussions personnelles, et je m’endors dans son lit, enrobée dans un D&G, dormant comme un grand enfant. Il a mis mon cœur à feu et à sang. Des messages révélateurs. Des prises de conscience. Je reste au pays des merveilles. 10 heures, je me réveille. Tente d’agir discrètement, laisse un mot, et me faufile par la porte en douce. Au revoir. Nous sommes samedi.
Et je crois que cette fois ci, il ne voudra pas me revoir. Aurais je du laisser les 20 euros ?! Je lève mon verre, à mon existence infâme et immorale.
Les carnets de vie.
Certaines choses se passent. Mais ma seule écriture reste ce je t’aime. Tu me manques. Elle.
Les carnets de vie.
Jour Douze :
Je ne sais trop ce qu’il se passa ce douzième jour. Surement des bagatelles, des choses inertes et non importantes. Des choses superflues mais amicales. Il parait que Dju devrait aller en classe supérieur, un anglais trop expérimenté par rapport au reste de la classe. Qui sait. Ces Irlandais sont un peu fous. Et puis l’idée d’exposer en galerie, de faire des concours etc., ne fait que se répéter, après avoir montré quelques clichés, l’homme espagnol s’extasie dans des pensées fantasques, dans des discours à grande vitesse, dans le but d’accomplir sa destinée de man of God. Et puis Julie, est une lumière, un joyau anglais, d’origine Juliette. Et encore quelque chose comme ça. Dimanche, je change de famille. Plutôt de maison. Puisque je m’en vais dans la famille de madame Cantwell. Bref, peu importe. En espérant ne pas avoir de regret par rapport au travail de jeune fille au pair, même si je ne pense pas un jour, en avoir. Beaucoup trop d’esprit égocentrique pour se fatiguer dans ce genre de travail maternel. Et ainsi, je déballe mes broutilles, mes notes maussades et fades, ce genre de notes que l’on ne verrait pas dans un seul roman, nouvelles ou autres. Hier soir, à 23 heures, la nouvelle est tombée. Tombée au moment où j’accomplissais mes heures de sommeil. Yes we can ILS chantèrent en cœur. Yes we Can. Obama président. Et dire que je voulais suivre l’élection présidentielle. Raté. Je reviendrais dans quelques années, avec mon sourire moqueur, et mes phrases toutes faites, pour m’esclaffer des bêtises adultères. Et le reste de la journée défila. Un café, puis des gourmandises. Toujours. Une chute terrible dans les escaliers, pas moi pour une fois, puis des conversations européennes. Et toujours mes éternels etc. je retourne. Je mange. Et je me prépare pour une nouvelle soirée. Course de chiens. Prête pour lancer les paris ce soir. To Be continued.
mercredi 19 novembre 2008
Les carnets de vie.
Et c’est par un matin brumeux que, la journée commence. Après un réveil difficile et acharné, la vie reprend son cour, sans que l’on ne s’en rende compte. Parlons abréviations. Je devrais exposer mes photos dans une galerie, dit un jour, un jeune espagnol Matteo. Crazy guy. Quelques temps passés avec mes camarades d’école, quelques temps au téléphone avec ma chère maman, pour en fin de compter, renoncer au travail de jeune fille au pair. Peut être trop égocentrique pour s’appliquer dans une formation maternelle. Et puis, ce dernier éclat, un numéro de téléphone déposé avec légèreté dans le train. L’horoscope, mis à part la négativité des possessions monétaires, disait vrai. Des rencontres sympathiques et quelques soupçons de positivisme.
J’ai gagné une dernière fois. Mais je suis toujours malade. Et le vague à l’âme rebondit une seconde fois. Ce sont les courts écrits d’une courte journée. Bonne nuit. Mardi 04 novembre, 19h56 heure locale.
lundi 17 novembre 2008
Les carnets de vie.
En écrivant ce dix, je vis tout défiler. Déjà. Et seulement dix. Deux contradictions sclérosées. Douce dame qui vagabonde dans des argumentations futiles. Cette voix suave en moi, qui me pousse à relativiser, et à voir en demain, un jour nouveau et créatif. A la recherche de l’unicité. Toujours courir après la recherche d’ondes intemporelles. Il y a des volcans qui se meurent. Il y a des volcans qui demeurent. Pense à nos volcans quotidiens, que l’on tente hargneusement d’affronter. Tout recommence à nouveau. La semaine, les salutations, les bavardages, les sourires forcés, les voix ébranlées, les cœurs à l’âme, les incompréhensions totales, les jours puis les minutes. Et ainsi de suite. Tout reprend forme, tout reprend déjà sa forme initiale et opiniâtre. Le début de la maladie se fait déjà ressentir, des toux incorruptibles, une fatigue omniprésente et lassante. Et tout mes etc. qui interfèrent dans les longueurs littéraires. Connais-tu le plus beau des compliments ? Pas celui où l’homme, ou bien la femme, te dit tu es belle. Ou tu semble être un ange. Pas ce genre de paroles élogieuses. Pas ce genre d’égards. Mais le genre de paroles, où l’on voit en toi un intérêt artistique. La personne qui, en face de toi, t’avoue avoir cerné ta personnalité, et sait qu’au plus profond de ton être, tu es artiste. Et peu importe les choses abstraites de cette destinée, peu importe les remarques provocatrices, il sait. Et tu sais. Alors, même si ton avenir ne semble pas très prospère. Même si tu ne feras jamais fortune dans ton don, tu sais que la parfaite satisfaction de ton toi-même, te suffira pour vivre et survivre. Cette belle chose, que l’on appelle fierté. C’est comme écrire ou vouloir écrire un roman, en commencer l’écriture, et se rendre compte, que l’on ne peut pas acheter les mots, que l’on ne peut pas acheter ou soudoyer quelqu’un pour faire de toi une fierté apparente. Et que ce qui sort de toi, est beau. Bien que tu n’aies pas le spleen de Baudelaire, ou les allégories baroques de la littérature. Bien que tu n’aies pas les mots faramineux de ces écrivains français. Tout semble beaucoup plus glorieux lorsque tout cet ensemble fait de toi une personnalité a part entière. Mes derniers mots sont mes dernières dentelles de paroles, enroulées dans des crochets tordus, et ajoutées à des mailles de laine. Sous des ombres lunaires d’un lundi soir. Plus aucuns mots ne sortent. Ce soir, je joue les sourires forcés. Mais je joue à la fierté de ma personnalité. Bonne nuit.
Les carnets de vie.
Dimanche. Les redoutables dimanches. Comme la tradition le veut, dimanche c’est journée du seigneur. Soit journée de glande pour la personne que je suis. Après un lever laborieux, ainsi qu’une loquification extrême, j’entreprends d’aller voir le musée de l’imprimante. Sorte de bâtisse gérée par deux lesbiennes. Ne jugeons pas sur les apparences. Que dieu me pardonne. Suite à quoi je fis un tour en ville. Emporta mon regard dans les profondeurs des cieux, pensa durement à ma sor. Et ainsi de suite. Toutes ces choses plus ou moins abstraites, ou superficielles, de cet ancien habitat français. J’allume une cigarette, grille quelques bouchées, respire pleinement cette fumée nauséabonde, et repars d’un bon pas vers la station de train. Cherchant avec obstination un dernier regard, avant de m’engouffrer dans la bouche de la bête. Je lève une dernière fois les yeux. Inspire puis expire. Plonge mes derniers mots dans un carnet clos, et repars pour un nouveau trip dans les sombres pensées factices. Dimanche. Dis-moi dimanche. Jour d’infortune. Rien.
Ps, ou « au fait ».
Il y eu bien un événement notable ce dimanche. L’arrivée d’un nouvel habitant. Peut être une chose dont je me serais volontairement passé. Je crois que mon animal intérieur n’aime pas contrarier les habitudes lassantes de ma personne. Ou je crois, simplement, cerner trop vite les personnes, et créer de ce fait une overdose considérable. Peu importe les pourquoi de ces jugements. Je ne l’aime pas. Cet homme. De Nantes. Ce français. Peut être pas un être stéréotypé. Juste un être, qui n’a que la logique des maths et aucunes émotions apparentes. Cette chose belle et formidable qui manque à nombre de personne. L’art. Un peu trop marginal. Cette façon agaçante d’attendre quelque chose des gens. D’attendre un détail absent. De toujours attendre pour se contenter et se rassurer d’être là. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je vois en lui le manque et l’incompréhension. Je vois ce paradoxe entre la création de l’être qui est un art, et l’être qui ne s’approprie pas l’art. A méditer.
Les carnets de vie.
Jour Huit :
Une semaine. Une semaine sur les plateaux irlandais. Une semaine qui passa plus ou moins vite. Et les fameuses larmes qui réapparaissent. Penser au futur, penser au fait, qu’en fin de compte mon retour n’est prévu qu’à Noël. Si loin et tellement proche. Mes premiers écrits du mois de novembre ne seront certainement pas différents des précédents. Je ne sais plus si, dans cet état lubrique, ma maturité est arrivée à son paroxysme. Je ne sais plus si, je cache ma personnalité ou tente vainement de la faire connaitre. Je ne connais plus les couleurs de la France, ni son sourire. Ni ton sourire. Ni le leur. Je ne connais plus les détails de nos vies futiles et inertes. Je plonge mes mots une fois de plus dans mes maux, j’interromps l’apologie de mon aventure. Les jours s’achèvent et se ressemblent. Que dire, que raconter. Dire une fois de plus que, j’ai vu le centre ville, ses beaux et chers magasins, ces milliers de personnes que je ne connais pas. Ces hommes qui charment mon idéal. Ces jeunes impotentes qui font naître la pitié. Oui, c’était surement ça. Il me semble. Ce mot pitié, que j’ai perçu dans certains regards. Pas une question de bravoure, de maturité. Juste une réponse de pitié. Je ne sais plus qui, ni comment, ni pourquoi. Je me souviens juste de cette pitié explosant dans mes songes. J’ai dealé mes rires à un voleur d’espoir. J’ai fini par troquer ce qu’il restait de moi. J’explose les sources monétaires pour ma survie. J’agis telle la complainte du chat. Applaudis ce tragique de l’existence. Je suis la dernière morose. Je t’apostrophe. Toi.
Les carnets de vie.
Bonjour, il est aujourd’hui 14 :11, heure locale. Le soleil est de la partie. Le froid toujours d’actualité. Nous sommes en ce jour, vendredi 31 octobre. N’enterrons pas les morts. Ils sont parmi nous ce soir. Des projets de prévu, peut être pas les meilleurs, mais des projets. Une sorte d’occupation intemporelle de nos temps peureux. L’école est finie. On se retrouvera lundi matin pour de nouvelles aventures. Et je suis toujours là. Seule. Je lis la pitié et l’ennui dans les regards étrangers. Ils s’animent dans des plaisanteries fantasques, de cette façon personnelle de parler anglais. Je ne suis pas la meilleure, ne cherche pas à l’être, mais où est donc passée la tolérance. Et je m’attache une fois de plus à des détails, je n’ai que ça ici. C’est un climat glacial que je tiens en mon for intérieur, dans les profondeurs de ma pathologie. En attente de mon cœur fleuri.
On organise des sorties dans la capitale, en pensant s’animer et s’amuser. Le début de soirée est tendu, une atmosphère silencieuse plane sur nos têtes françaises et brésiliennes. Première soirée Irlandaise dans un pub, des rencontres, des regards, des esquives. Halloween retient les personnes dans des costumes loufoques et amicaux. A ces deux bonhommes métamorphosés en gentleman des années 30, avec qui, contre toute attente, j’eu des bons rapports. Malgré cet anglais français. A ceux qui ont porté des sourires aguicheurs. Mon charme n’est peut être pas totalement inexistant. En fin de compte. Suite de la soirée dans un night club, quelques danses, quelques photos. Nos souvenirs sont déjà peu à peu gravés dans nos mémoires. Malgré tout, le retour à la vraie vie, lundi matin, risque d’être étrange. Affronter le regard de ces hommes qui, inconsciemment se plaisent à contempler et demander beaucoup de ma personne. Anyway. Retour dans un pub du temple bar. Avec ces personnages hauts en couleur, décadents et décalés. Avec ce sentiment de pouvoir tout contrôler, et d’abuser du pouvoir féminin. J’aime. La nuit apporte quelques satisfactions désordonnées. On marche, puis on parle. On reparle et remarche. Pour arriver dans un appartement, se contenter d’un bout de lit, avec 5 personnes dedans. Se mentir à soi même, pour atténuer les questions des familles d’accueil. Se contenter d’être une tout autre personne, pour ne jamais lever les soupçons, et rester dans cette discrétion personnelle, dans laquelle on se complet, et puis, parce qu’on aime se retrouver dans cette quotidienne solitude, sans qu’interfère les idées de gauche, ou de droite. Nous rentrerons sain et sauf. Le huitième jour d’une vie en parenthèse. Il était 9 heures.
Les carnets de vie.
Plus de temps pour les à toi. A moi. A nous. Ces précédents mots se sont éteints. Ils se sont tuent, lorsque l’imagination est revenue. Une musique qui rend autiste. Je cherche encore une fois les regards, ceux qui déterminent, dans quelle classe on te situe. Ceux qui laissent à croire que l’on est apprécié. Roméo & Juliette. Elle qui dit que c’est une artiste. Et en fin de compte, on ne la perçoit que physiquement. Avec ses cheveux blonds longs et ondulés. Fine aux yeux brillants. L’allégorie de la française type. Des regards factices. On fonce pour échapper aux conversations harassantes, pour s’éviter de chercher les traductions anglaises. Sans que la journée soit totalement terminée, je me retrouve déjà derrière l’ordinateur, pour raconter l’inertie du quotidien. Je prendrais mon envol, lorsque le vent cessera de gronder contre nos parapluies. Je cherche la dernière ouverture d’esprit ; J’aime donc j’existe. J’existe donc j’aime. A bon entendeur.
SUITE/ : meeting avec une jeune famille irlandaise, pour un travail de jeune fille au pair. Rester 6 mois ici. On s’engouffre dans des questions/réponses, dans des centres d’intérêts personnels, puis dans des choses caractérielles, psychologiques. Il pleut des on verra, à lundi après-midi pour cerner la personnalité d’en face. Un petit avenir en suspens, entre accord et désaccord. Puis on balaie d’un revers de main les quelques minutes que l’on vient de passer, de dépenser. Je médite. & Toujours, à bon entendeur.
Les carnets de vie.
Nous sommes. Ou plutôt, nous étions mercredi 29 octobre. Deux jours avant la nuit des morts, deux jours avant un long et interminable weekend. Le temps toujours maussade, ne réchauffe pas le cœur. Il reste froid et frissonne de solitude. Les mots d’autrui ne suffisent pas à le réchauffer. Et les autrui ne sont que des personnes étrangères qui ne peuvent m’apporter que la satisfaction d’être moi, en dehors d’eux. Je ris. Jamais aux éclats. Je ris jusqu’au bout de mes lèvres. Pas des rires transcendants, juste distants et dans la norme de ce qu’il faut. Dju a acheté le nouvel album d’abd al Malik. Et puise désormais ses inspirations dans ses paroles, qu’elle aime tant. Juste l’amour qu’on cherche à vivre. Comme une envie de retrouver Roméo, pour combler le vide de Juliette. 13 heures, quelques minutes plus tard, après avoir fini son déjeuner, Dju s’en va, loin dans le vent battant, à droite. Rentre à la maison de substitution, se prépare aisément dans une atmosphère, avant de s’éclipser dans les rues populaires de la grande ville. Tournoie sur elle-même, allume une cigarette, regarde les bâtisses, s’imagine des rencontres hasardeuses et magiques, vacille et tournoie une fois de plus sur elle-même. S’en va essayer quelques couches superficielles, tombe amoureuse des millions de paires de chaussures, rêve d’une vie luxueuse et rentre en fin de compte, las et épuisée. Quelques instants dans un cyber coffee, quelques instants à siroter l’amitié qui l’a lie aux autres. La journée est achevée.
Les carnets de vie.
L’écriture nocturne n’a pas été faite. Il fut dur d’accomplir la dure tâche des mots gravés les uns après les autres sur des parcelles de pages virtuelles. Nouvelles connaissances. Nouveaux horaires de vie. Début des cours et autres activités scolaires déplaisantes, ou en fin de compte peut être pas si déplaisante que ça. Des rues à n’en plus finir. Des visites, des rencontres italiennes, puis en fin de journée, des visites au cinéma, plus ou moins dures de compréhension. Peut être devrais-je m’attarder plus longuement sur ce jour diffèrent des précédents, mais le temps ne m’est pas accordé. Plus tard.
A toi à Moi à nous.
jeudi 13 novembre 2008
Jour Trois :
Les instants où certaines choses semblent s’arranger. Il est venu le temps de rencontrer d’autres personnes du même parcours linguistique, ou bien quelque chose qui s’en rapproche plus ou moins. Après une attente matinale dans le froid et le vent, je pris un bus direction je ne sais où. Quelques part dans les hauts plateaux irlandais, savourant avec aigreur les boissons locales, dites Guinness, explorant la flore typique british s’étalant le long du lac de monsieur Guinness, ce grand homme d’auparavant. Peut être suis-je en train de taper des mots dotés de plus de sympathie que leur prédécesseurs, ou bien peut être que simplement, ma solitude m’indiffère légèrement plus. Dju croise des regards indifférents, tout semble plus léthargique au bord des mers irlandaises, le vent emporte les derniers soupçons de pensées profondes des humains. Des autres. On ne prend plus le temps de réfléchir aux choses essentielles. On se complet dans son petit bonheur quotidien, qui ne détient que très peu d’ouverture mondiale, ou très peu d’humanité à échelle réelle. Et paradoxalement à cette situation de critique subjective, Dju n’est autre qu’une personne intolérante, qui en fin de compte, reste basée sur des idées préconçues, telles que, l’homme se doit de réfléchir sur ce qu’il vit à l’instant présent. Des genres de foutaises monumentales, où l’esprit ne perçoit que sa douce promesse, et où l’on s’attend à trouver son autre comme son soi. La possessivité de l’exclusivité à l’universel. Et puis, plus tard encore, les langues se délient, on commence peu à peu à parler la langue locale avec ces hommes du Brésil, d’Italie ou les autres espagnoles. Tout devient vite illusoire, on comprend que, finalement, nous avions sous estimé le travail à accomplir tout au long de cette aventure marginale. Encore des je me rends compte que, et puis des j’ai compris. Let’s go home. Après avoir enfin retrouvé le chemin, après avoir compris le fonctionnement des rues quadrillées de Gleangeory, Dju rentre à la maison, mange un délicieux mix de nourriture Américaine version Asiate ‘, puis s’en va téléphoner à sa famille. Ces fameux « tes parents qui t’aiment ». Puis des Allo un peu tendus et timides, entre un garçon et une fille qui peu à peu prennent conscience de leurs sentiments. Et les dernières belles paroles qui comptent bien bercer la djudju July, dans ses rêves expatriés. « J’essayerai de venir dans deux jours ».
Les carnets de vie.
Jour Deux :
Do you get some dreams? No one. Je pleuvais de peine de l’inconsistance de ne pas avoir de rêve. Les seconds jours restent difficiles. Plus le temps de penser, plus le temps d’avancer, juste le temps de marcher sous la pluie battante et le vent arrachant. Ces mots de ce second jour resteront les même que ceux du premier. Se perdre le soir dans les rues de Dublin, en devinant les rues étroites où il faut passer, pensant au moment où je rentrerais en France. Mes pensées mènent toujours à la même signification. Je voudrais ne plus être pour mieux renaître. Quelque chose d’invraisemblable, un truc comme ça. She lets me alone at home. Je ne savais que faire, que manger, où aller. Alors je décrochai mon mobile, appelai Fabio, un italien quelconque, perdu à Dublin, que j’avais auparavant connu sur internet, le moyen des feignants et autres personnes timides et mal-lunées. Des voyages en train pour rentrer dans la grande atmosphère de la ville, rentrer dans cette sphère à demie close, qui ne laisse percevoir que les défauts humains. Les allures des jeunes gens se pavanant pathétiquement, sans prendre garde de qui est à côté de soi. La ville, n’est autre qu’un faut semblant de personne vivant en communauté. Juste des endroits dispersés, où le tout le monde n’est personne, et le personne n’est pas singulier. Peu d’humains pour reconnaitre son second comme son ami. Anyway. Il m’invita dans un café italien. A white coffee please. Des conversations hachées par des troubles de vocabulaire, des erreurs innombrables de grammaire, puis quelques rires coincés, des i’m kidding about you. Des mots français glissés dans d’interminables monologues. Et puis, plus tard, des pleurs. Des pleurs de fatigue, ou simplement des pleurs de tristesse. Quelques gouttes qui tombent, finalement à n’en plus finir. Due à la solitude, ou au manque de chaleur humaine, manque d’amour et d’amitié. Manque global. Les écouteurs dans les oreilles, les dernières chansons françaises d’actualité ou dépassées, des moi Lolita à tue tête, des mots qui rassurent l’être qu’est Dju. Des messages virtuels mais réels, des messages d’amour. Tes parents qui t’aiment… et le sous entendu des trois petits points. Des i miss you, i want to see you now. Et puis, finalement je parle pour ne conter que de faibles aventures quotidiennes. Qu’ils sont pathétiques les écrits de Dju la pseudo artiste, qui espère s’extérioriser par des mots insignifiants. La parole m’est disparue. J’ai besoin de parler français à des français. Juste besoin. Plus tard, des artistes israéliens sonnent à la porte, Dju descendit et leur ouvrit, un artiste ne se laisse pas à la porte, et si madame Cantwell ne restait pas sans cesse au téléphone, peut être qu’elle aurait entendu que je les avais laissé entrer, au lieu de, cinq minutes après, les mettre dehors avec des mots implicites, surtout froids. Et puis artistes, il n’y en avait qu’une, une jeune femme sympathique, avec qui je me sentais exister. Je crois que finalement c’est ce qui me manque le plus. Exister aux yeux des autres. Paraitre jolie aux yeux des autres. Conclusion, ce double monde n’est pas fait pour cette muse marcusienne. Des animaux arrogants et antipathiques.
A jamais à toi. A jamais à moi. A jamais à nous. Bonne nuit. 20:05 Heure irlandaise.
Les carnets de vie.
Destination Mulhouse/Basel, un stress déjà imminent, Dju ne pensait pas être atteinte de cette émotion que l’on appelle Tristesse. Et en fin de compte, je crois que je regrette d’être partie. Mes voyages dans l’âme n’ont surement été que prétexte pour tout quitter et pour ne pas affronter la réalité. Prendre l’avion seule, s’assoir à côté d’inconnu, sans connaitre leur route, sans savoir davantage leur destinée, et rester bloquée dans son siège, en pensant à ce qui fut l’avant de cet après. Une arrivée, un taxi, et une nouvelle famille. Des pleurs et encore des pleurs. Des rires nerveux, et des rires étouffés. Il eu fallut que je n’en fasse, une fois de plus qu’à ma tête. Vouloir l’originalité, s’évader de Belfort pour rejoindre l’inconnu et l’irréel. En ces débuts, était-ce vraiment le bon choix ? Et puis, tout ce passé qui nous retient, ces moments de débauche et d’amitié. Puis d’amour. Les départs renforcent les idées du cœur. Ces visages qui m’étaient si familiers, deviennent peu à peu étrangers, lorsque je rentrerais, rien ne sera plus comme il l’eut été. Il parait que l’on sait qui sont nos vrais amis, quand on voit ou non lesquels nous ont attendu. M’auras-tu attendu ? Et puis, les belles nuances sentimentales, les émotions liées à l’amour ont finalement pris le dessus. Tout est tombé d’un coup, une dizaine de jours avant que je parte, triste fatalité ? Dju est amoureuse. Dju devient sentimentale, même si la durée n’est pas à fixer dans les annales. Mais passons les états d’âmes/. Dublin est juste, pluvieuse. Je ne distingue plus la différence entre mes larmes et celle de la pluie. Mon parapluie s’est cassé. J’ai les cheveux mouillés, je grelotte, et je me demande ce que je fais ici. Les longs diners à 17h30 sont un semblant de réunion familiale, dans la langue du silence. Etrangement tendu. Encore des kilos superflus arrivant à toute allure. Avec du recul, espérons le, je m’en sortirais mieux. La maison est moche, et petite, et odorante. Une sorte de vieille maison anglaise des quartiers résidentiels et populaires, suis-je devenue trop exigeante et si peu tolérante ? J’abandonne mon corps à l’âme, dernier espoir d’une survie de courte durée. & J’en fais surement beaucoup trop, ou pas assez, et j’en reviens toujours à dire JE, sans laisser place au TU. Je te délivre ces passages de ma vie, telles les feuilles griffonnées d’un carnet de bord.