Jour Quarante :
La trentaine perd son feuillage. On écoute encore quelques mélodies d’Amélie Poulain. On sent le frisson nous parcourir les membres, sans réussir à se réchauffer. Le froid nous enivre et nous pousse dans des mélancolies hasardeuses. Les courbes de la main se sont pliées une nouvelle fois, écrivant sur la couverture d’un livre, quelques mots clés, quelques mots chauds, et quelques mots tout court. Les lignes défilent et elles nous échappent. Je parle en tant que nous. Le nous qui nous regroupe, toi et moi. Le toi qui n’es pas présent mais que je retrouverais bientôt. Sans vraiment avoir réussi à le déterminer. Alors, qui est tu ? J’ai rencontré mon ancien ami de cette ancienne école, que l’on regrette un peu trop. Le temps a défilé, et nous a défiés. Je passe mes journées assise dans un café, pas n’importe lequel évidemment. Celui où l’on sent l’ami irlandais vous soutenir et vous trouver un quelconque intérêt. Alors on prend un siège, on attend que la journée s’achève, et on se réchauffe les membres comme on peut. Je suis un ange perdu dans un corps humain. Déposé gracieusement dans un monde réel qui n’était pas mien. L’ange s’élève et surmonte la routine qui l’embarque. L’élan est coupé, l’inspiration se perd et l’imagination me fuit. Les mots avancent seuls. Les manipulations enfantines nous poursuivent. Pensons et agissons à l’instinct. On perd la conscience des actes, la conscience des mots, la conscience littéraire. Je perds la philosophie qui logeait en moi. Je cours après sans jamais l’atteindre. Confuse entre les valeurs universelles et morales. Confondant les soupçons de lucidité avec la simplicité des esprits. J’ai la nécessité de retrouver ma spiritualité. L’impression de marcher dans un non sens. L’impression de passer à côté de la chose qui m’a fondé. Parce que finalement, cette fille là-bas, cette blonde, banale et française, elle n’est pas si idiote que ça. C’est juste des pas mal que l’on lance. C’est juste des mots d’un futur prêtre, que l’on interprète selon nos humeurs. Parce que moi, je lisais du Saint Augustin, que j’écrivais des bouts de poésie à la Baudelaire, et parce que je crois en la prétention de mes mots dictés. Parce que tout ceci fait la différence, entre la différence humaine, et la différence animale. L’animal que l’on chérit tant, puisqu’il nous est amoureusement fidèle. Il demeure au fond d’un cœur trop grand pour les petites attentions. A l’inverse de l’intention qui ne me désire plus. Vos mots les pousseront à mettre un terme à leur vie utopique. Toujours. Je suis malade.
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