Jour quarante neuf :
Marcher pour prendre un cliché passé qui ne fut pas en cette matinée. Le lever s’est métamorphosé et s’est échappé du ciel. Les éclats ne sont plus. Les rires ont fondus. On se retrouve une fois de plus dans un vendredi long et intenable. Attendant avec impatience la fin des cours pour se plonger dans nos achats de Noël. Les bonnes affaires roulent. Et la pluie se met à tomber. Il ne faut pas lâcher la fin. Il ne faut pas stopper les mots sans mots. Ecoutant un fond de dub, je me prépare pour mon avant dernière soirée avant les vacances. Espérant qu’elle soit aussi bien que les précédentes. Les sans regrets ne doivent pas cesser. Demain le décor rechangera une cinquième fois. Retour aux sources. Retour dans mon ancienne famille d’accueil. La précipitation est à son paroxysme. On parle français le long des étalages, s’amusons malgré notre différence d’âge, et me rends compte que mon obsession vis-à-vis de la jeunesse s’était peut être trop enflammée. La jeunesse de nos instants vaut toute la maturité. Les avants Noël, tout semble figé, les vitrines glacées fondues en page de magasines. Des photographies immobiles qui nous regardent. Les mystérieuses reprennent ce soir. Et puis je suis retourné prendre mon café habituel. Qu’il m’a payé. Parce que finalement le fin papier n’avait pas servi à rien. Juste les problèmes temporels furent en cause. Mais pour autant, aucunes nouvelles du breton. Attendons ce soir pour jeter un œil curieux et indiscret, du côté de nos habituels coins. La nuit s’impatiente. Je file.
Je suis rentrée sans tarder, la soirée n’eût pas été mémorable. Marchant d’un bout à l’autre, accomplissant un Barathon, regardant les fugaces fuser. Passant devant le café, discutant sur la pathétique vie de labeur de l’autre. Et etc. Il y eut bien les compensations egocentriques, mais cela n’a pas suffit à laisser un souvenir réel. L’heure de rentrer à sonner, j’attends le tram avec impatience, mes pieds me font mal. J’attends encore vingt minutes, dépense mes quatre malheureux heureux, et me font dans le décor de l’ivresse. Leurs regards morts et absurdes. Des regards dans le vide, des regards globuleux, l’état régresse et amène la pitié à mes yeux. Ma bouche se sert et pousse des soupirs intérieurs. Décalage pitoyable entre l’âge, l’homme et l’alcool. On se surprend à entrer dans leurs pensées. Se demander pourquoi. Pourquoi ils agissent ainsi. Et se rendre compte finalement que, personne ne les attend à la maison. Personne ne sait vraiment où ils habitent. Personne. Et l’intégrité de nos mots ne poussera jamais la réalité à se lever. Le je est un personnage solitaire et inanimé. Je est personne. C’est ainsi que la gravité implose.
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