Jour quarante six :
J’ai ris de sa démarche aux faux semblants. Maîtrisée et hilarante. On tente d’atteindre la perfection, sans jamais l’acquérir, et sans qu’elle ne nous atteigne. Et l’on rit de nos défauts, puisqu’il faut bien rire de quelque chose d’incongrue. J’avance dans une transparence délavée. J’avance dans des sentiers trop étroits pour s’y attarder. Il m’arrive de rester sur place, tout en gardant une allure vive, parcourant les visages d’un regard indifférent et équivoque. Ouvrir des éventuelles possibilités, sur d’éventuelles situations imaginées de toute pièce. La démarche fluide et volatile s’empare de mes membres. Marcher pour perdre. Et rester assagis dans une atmosphère prospère à la solitude. Un frisson se propage. Les mots coulent et retentissent dans mes pensées simplistes. Il a cueillit des bouts d’intérêts. Dupés l’homme par ses manipulations littéraires fantastiques et modestes. On aimerait que le cœur batte un peu plus fort, que les hauts le cœur reviennent, et que l’on se fonde dans une contemplation parfaite et un bonheur miroitant. J’attends ma légèreté et ma transparence. J’attends les minutes et attends les sonneries. On se complet encore dans des monologues méprisants, distants et indifférents. Complaisant les esprits par nos mots sans mots, nos images qui ne vont que dans une seule direction. Celle de l’incompréhension. On mélange les accords, perdons les conjugaisons en cours de route, puis partons dans nos longs voyages maussades. S’ouvrir sur une inquiétude déconcertante. L’abandon des êtres et âmes. Les joyeuses ruminations. Dans dix jours, mes sourires seront réels. Dans dix jours, je les serrerais dans mes bras. Dans dix jours je serais étrangère au pays. La complainte du chat.
« Thérèse parle volontiers aux hommes qui l’abordent. Aimable. Indifférente. Hors d’atteinte. Elle leur parle sans répondre exactement. Ils croient converser avec elle, mais bien vite, elle leur paraît désespérément inaccessible, et surtout déconcertante. Les mots de Thérèse ne font que croiser silencieusement les questions des hommes. Ils filent sur une autre ligne. Dans une autre direction. Et les hommes sont déroutés. Leur sourire de meneur de jeu s’efface doucement. Ils ne comprennent plus. Pour eux, cette rencontre s’ouvre sur une inquiétude à laquelle ils ne se sont pas préparés. Ils abandonnent. »
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