Jour quarante cinq :
Le matin m’a emporté. La pluie s’est déposée sur le revers de mon béret. Je joue un style français perçant. Je joue avec une personnalité qui n’est pas mienne, mais qui se fond avec mon extérieur. Le cours de la vie à repris son chemin. Il a fallu se lever une fois de plus tôt. Il a fallu affronter les regards, les mots, et les pertes. On ne trouve pas vraiment de consolation dans les grandes assemblées. La semaine passera peut être encore plus vite que la précédente. Ils sont repartis ce midi. Ils sont repartis sans que je puisse leur dire au revoir une dernière fois. Ou bien une seconde fois. Je dois affronter les dernières semaines seule. Comme je le fis auparavant. L’esprit blessé par leur départ, et par mon état statique. Le surpoids m’appelle. Je mange pour m’occuper. Et me regarde pour culpabiliser. Sans vraiment penser à se bouger. Je fixe mon corps à ma fainéantise. J’écoute les phrases françaises que gentiment mon frère m’a délivré. J’écoute nos actualités de l’autre côté de la manche. J’aurais d’ici quelques années peut être un cancer. Le porc nous contamine. Et les gens s’affolent dans des prises de tête énorme. Les pays se meurent dans les problèmes économiques et ne trouvent plus d’issus. Les regards sont maussades et misérables. Ils craignent et je reste indifférente.
Ils sont partis. Tous. Les français. Ils sont partis en me laissant ici, en tête à tête avec ma famille d’accueil. Je me retrouve abandonnée, favorisant votre pitié et/ou compassion. Les sirènes retentissent, et mes fesses se réchauffent tant bien que mal. La vulgarité réapparait, pour mieux se focaliser sur l’absurdité des écrits. Peut être qu’en fin de compte, dans dix ans, je serais mariée. Et puis je serais directeur artistique. C’est peut être ça ma vocation. C’est plutôt plaisant. Plutôt dur et plutôt en contradiction avec ma vitesse d’apprentissage. Les vocations sont en suspens. Plus que 12 jours.
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