samedi 13 décembre 2008

Les carnets de vie_.



Jour trente six :

Nous avons festoyé l’heureux évènement. L’homme qui prend de l’âge et de la maturité et qui peu à peu perd de sa jeunesse. Sans trouver un équilibre rationnel entre la maturité et la vieillesse, qui nous emporte sans que l’on puisse associer ces traits sur une même balance. Je me suis plu dans cette soirée française. Là où le ne pense plus et l’on agit sans masques, sans couverture identitaire. Et puis quelques heures plus tard, je me réveille doucement, sors un pied puis un second, descend et reprend le rythme de la maisonnée. Répondant de plus belle, aux questions quotidiennes et irrévocables.
J’ai perdu quelque chose en venant ici. Perdu plus que je ne voulais. Plus que je n’aurais cru. Passons outre les détails. Peu à peu mes gestes se froissent et se glacent, agissent comme le temps, décident de ne plus fonctionner. Le sourire mécanique se crispe. Le cœur s’inonde de soupirs. Il pleut à l’intérieur de mes yeux. J’éponge mon corps des sueurs hivernales. Je recolle mes paupières, lourdes et ensommeillées. Je prends de l’élan et erre toute la nuit. Je les regarde, pauvres bonhommes troublés et contrariés. Je vous analyse du haut de mon jeune âge, et vois la tristesse qui émane den vous. Elle aurait bien voulu devenir maman, cette jeune femme. Mais voilà que l’horloge biologique se met en route, voyant passer ses années sans pouvoir les rattraper. La course contre la montre. Tu aurais dû arrêter de scruter tes angles esthétiques, et valoriser la féminité qui sommeillait en toi, douce personne impuissante. Et j’aurais du fermer mes yeux, pour ne pas lire en vous, pour ne pas prendre un passager de plus, ne pas prendre votre tristesse grasse et passionnée. Je la tiens en moi depuis plus d’un mois, mon fardeau me suit et ne me délaisse pas. Me poursuit, me tient par la manche, sans se retourner. Puis part.
Alors qu’il aurait fallu, l’aimer pour la connaitre.




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