samedi 13 décembre 2008

Les carnets de vie_.



Jour trente quatre :




Les métamorphoses. Ils ont cru que je ne maîtrisais pas leur savoir. Et je me plaisais dans ce jeu, celui de tendre l’oreille et d’écouter les bagatelles dites. Cette animation qui me plaisait et me laissait cerner les diverses personnalités. Et puis tout s’est achevé en une fraction de seconde. Ils ont su. Ils ont vu. Ils ont parlé. Tout s’est écroulé. Comme lorsque l’on marche dans la rue, grande ou petite, étroite ou sombre, peu importe. Mais juste parcourir cette rue, regarder les centaines de gens passant, s’arrêtant, discutant, mémoriser leur trait, leur expression, leur allure. Se retrouver en osmose avec son soi intérieur et commencer l’écriture orale de leur vie. Se créer des personnages d’après des réels, puis réinventer l’histoire. La leur. Et tout ce cheminement qui nous parait à la fois simple, mais tellement dérisoire. Se dire que ces visages, nous ne les reverrons plus. Qu’il n’y a eu qu’une fraction de seconde en commun, nos deux regards qui se croisent, et puis c’est fini. Les grandes villes sont impersonnelles. Les bouts de mots reviennent, les pensées se dérobent, et les regards deviennent malicieux. Soudainement, je prends de l’allure, tente d’accéder à ce que je ne suis pas, et désire le don de la parole légère. Ce trait naturel que l’on ne peut atteindre. J’accède au paroxysme de mon être, sans vraiment le toucher. Ma légèreté est dure et introuvable. Les mots sortant sont dévalorisés puis communs. Ils n’ont pas d’âme et pas de manière. Ils tendent vers l’irréalité. Et je tends peu à peu vers l’utopie.
Les coups de blues. Je ne contrôle plus mon univers. Aujourd’hui ne me regarde pas. Sage somnambule que je suis. Je traverse les sentiers, les yeux à moitié ouverts, à moitié fermés. Et puis aujourd’hui toujours, mon amour, je ne supporte plus le tout du rien. Ce jour là je suis en guerre. La continuelle bagarre entre l’intérieur et l’extérieur, et tenter de rester en paix avec le juste milieu. Le frisson me parcourt. D’un touché je ressens une fois de plus mes mots. Je veux pouvoir les serrer et leur parler, comme une pauvre sénile, qui ne sait plus à qui parler. Et pourquoi continuer à le faire. Je désire l’impénétrable. Les mélodies jaillissent de cette technologie ambivalente, et me donnent froid. Je suis malade de lassitude. Et puis aujourd’hui mon beau, j’ai changé de niveau. Et les heures sont passées largement plus vite. Mais les belles amitiés ne sont pas présentes, et ils finissent par me regarder comme un être à part. Une petite bête perdue dans une grande bâtisse, mettant un pied devant l’autre, sans faire attention aux aléas de la vie. Je vis dans une autoroute en travaux. Pardonne mon spleen.

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