Jour trente-deux :
J’ai glacé mon regard dans un froid polaire. Prenant conscience de l’impossibilité. Ils n’ont pas aimé mon regard. Ils n’ont pas aimé ce que je dégageais, et je me brusque lors de leurs regards trop consciencieux. Et la journée a une fois de plus défilée. En vitesse saturée. L’impression de passer la plus grande partie à penser et à imaginer quelques solutions pour passer le temps. Passer le temps pour passer le temps. Et dépenser son temps dans des futilités in utilitaires. Se plaindre auprès de la direction, inventer tout un monde aux détails absorbants, quelques cris poussés a quatre heure du matin, quelques souffles saccadés, puis des portes lourdes qui claquent dans l’air froid de la demeure. Créer une invention. Penser sous forme de supercherie continuelle, et absorber une double personnalité. Je descends le carnet à la main, gribouillant quelques croquis, quelques bouts de mots, et regardant le vide sans vraiment regarder. L’on marche encore à s’en blesser, le vent contre nous et les autres derrière nous. Quelques conversations qui volent et fusent, quelques mots de français glissés dans nos paroles, puis des beaux sourires forcés, des rires bafoués, et l’on commence à parler à l’internationale. Tout défile sans que l’on ne s’imagine les conséquences. On est juste placé dans une pâle innocence. Dans une semaine ou plus, ils seront là. Et je leur ferais visiter cette cité mal lunée, ce bonheur factice, et ce saut dans le vide. Puis il a fallu rentrer. Comme chaque fin de journée. Et se prendre la tête avec la famille d’accueil qui ne comprend pas l’être qui dort chez elle. La prochaine fois, elle fera moins de bruit. La nuit.
Et puis c'etait moi avant. Lorsque l'on était heureux et que l'on se tenait la main, sans vraiment vouloir la lâcher. Lorsqu'on se sentait épanoui et aimé. Lorsqu'on oubliat les futilités et les cauchemars de nos nuits précèdentes. Lorsque mon fond était beau.
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