lundi 17 novembre 2008

Les carnets de vie.


Jour dix :




En écrivant ce dix, je vis tout défiler. Déjà. Et seulement dix. Deux contradictions sclérosées. Douce dame qui vagabonde dans des argumentations futiles. Cette voix suave en moi, qui me pousse à relativiser, et à voir en demain, un jour nouveau et créatif. A la recherche de l’unicité. Toujours courir après la recherche d’ondes intemporelles. Il y a des volcans qui se meurent. Il y a des volcans qui demeurent. Pense à nos volcans quotidiens, que l’on tente hargneusement d’affronter. Tout recommence à nouveau. La semaine, les salutations, les bavardages, les sourires forcés, les voix ébranlées, les cœurs à l’âme, les incompréhensions totales, les jours puis les minutes. Et ainsi de suite. Tout reprend forme, tout reprend déjà sa forme initiale et opiniâtre. Le début de la maladie se fait déjà ressentir, des toux incorruptibles, une fatigue omniprésente et lassante. Et tout mes etc. qui interfèrent dans les longueurs littéraires. Connais-tu le plus beau des compliments ? Pas celui où l’homme, ou bien la femme, te dit tu es belle. Ou tu semble être un ange. Pas ce genre de paroles élogieuses. Pas ce genre d’égards. Mais le genre de paroles, où l’on voit en toi un intérêt artistique. La personne qui, en face de toi, t’avoue avoir cerné ta personnalité, et sait qu’au plus profond de ton être, tu es artiste. Et peu importe les choses abstraites de cette destinée, peu importe les remarques provocatrices, il sait. Et tu sais. Alors, même si ton avenir ne semble pas très prospère. Même si tu ne feras jamais fortune dans ton don, tu sais que la parfaite satisfaction de ton toi-même, te suffira pour vivre et survivre. Cette belle chose, que l’on appelle fierté. C’est comme écrire ou vouloir écrire un roman, en commencer l’écriture, et se rendre compte, que l’on ne peut pas acheter les mots, que l’on ne peut pas acheter ou soudoyer quelqu’un pour faire de toi une fierté apparente. Et que ce qui sort de toi, est beau. Bien que tu n’aies pas le spleen de Baudelaire, ou les allégories baroques de la littérature. Bien que tu n’aies pas les mots faramineux de ces écrivains français. Tout semble beaucoup plus glorieux lorsque tout cet ensemble fait de toi une personnalité a part entière. Mes derniers mots sont mes dernières dentelles de paroles, enroulées dans des crochets tordus, et ajoutées à des mailles de laine. Sous des ombres lunaires d’un lundi soir. Plus aucuns mots ne sortent. Ce soir, je joue les sourires forcés. Mais je joue à la fierté de ma personnalité. Bonne nuit.


Ps : Je suis retournée voir ma famille pour jeune fille au pair. Et invraisemblablement, je ne suis pas prête psychologiquement, à travailler pour les autres, ou plutôt à passer mon temps avec des enfants. Juste le temps de penser à moi. Dans cet éternel égoïsme féminin. En fin de compte, je ne suis peut être pas si mature que je le dis. Ou qu’il n’y parait. Ou simplement, assez pour certaines choses. Mais nous ne sommes jamais assez pour n’importe quelle chose.

Aucun commentaire: