Jour vingt huit :
Mon Quatrième vendredi. Nous sommes le 21 novembre, je pense avoir oublié la moitié des choses à faire, la moitié des choses à souhaiter, et la moitié des choses à ne pas oublier. Je me presse de rentrer pour savourer mes instants en leur compagnie. Et raconter mes péripéties qui n’en sont pas, mais qui rêvent de sortir de cet intérieur sordide. Demain, ça fera déjà un mois que je suis là. Un mois sans les voir et sans le voir. Un mois en pensant sans cesse à demain et à son futur incertain. Et puis tout prend un tournant différent de celui des premiers jours. Je quitte mon école, et recommence dans une nouvelle lundi. Je quitte ces faux amis pour m’en refaire de nouveaux. Et je m’extasie dans mon indépendance adultère. Ils ont rit de moi par sympathie, et riront une dernière fois de moi par tristesse. Ou peut être pas. Cette seconde peau qui me colle et qui ne se défait pas. Ils ont été comme j’ai été. Seule. Puis aimée. On lance des derniers mon petit canard, ou mon petit cochon, en riant sur l’absurdité des mots que l’on sort. On s’autorise encore une fois à se moquer de l’espèce humaine à côté de nous. Et on rit en se déliant la langue. Je ne me reconnais pas nécessairement, mais je me dois de détendre mon atmosphère. Je tends le bras pour y comparer mon espace vital, comparer ce qu’il me reste à accomplir. Comparer ce toi de moi d’avant ce moi de toi. Je dois commencer à travailler, trouver mes mots et accomplir ma destinée. La vie quotidienne des adultes. Je dois dompter ma boulimie vestimentaire. Je dois. Sans cesse devoir. Les mots filent à toute vitesse, telles des étoiles filantes qui n’attendent jamais que nos vœux se finissent. Abrutir son cerveau est devenu l’axe dominant ces derniers temps. Tenter de comprendre l’anglais irlandais, et se créer une sorte de jargon pour paraître plus cool. Mon carnet me suit un peu plus, et un peu partout. Je m’écris en lui, et ressens l’intensité de mes mots d’un revers de moi. C’est une saveur fabuleuse que celle de la fierté. Il est mon esclave, et dompte mes humeurs.
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