Jour Vingt neuf :
Tu lis ou tu zappes. A toi de choisir.
Je choisis la lecture de mon intérieur maussade. Je me réveille 6 heures plus tard par un bruit incessant et irritant. Descendant quelques instants plus tard dans le froid, tirant mes membres et relaxant mes pensées. Aujourd’hui je tourne une nouvelle page. Mais elle est déjà noire. Déjà bien noire avant d’y avoir écrit quoique ce soit. J’écrivais des ribambelles de mots sans âme, sans tonalité ou sans intensité. J’écris dorénavant des mots froids et glauques, des mots déçus.
Retour en arrière. Ma dernière journée dans ma famille d’accueil. Ma famille. Cette seconde famille. La meilleure. Ce que l’on regrette après coup. J’ai ris avec, j’ai trouvé l’affection d’une mère pour tous membres de la maisonnée. Et voilà qu’à l’heure de l’écriture, je me retrouve à l’opposé du rêve. Bloquée dans un quartier industriel et pauvre, bloquée dans une chambre minuscule. Je vole au dessus des détails. Et je veux rentrer.
Elle avait prévu de faire des cookies aujourd’hui. Pour mon départ. Mais voilà que je m’en vais bien avant de prendre le temps de les déguster. Et voilà que je pars de la perfection pour m’enterrer dans un trou à rat. Et voilà que les larmes reviennent. Parce que je suis bien trop faible pour affronter la réalité. Parce que je n’ose pas garder les yeux ouverts et penser subtilement aux jours qui m’attendent. Et tout a basculé quand j’ai su que j’étais condamnée. Il n’est que quatre heure, et la journée annonce déjà sa fin. J’aimerais me fixer dans une mélodie du bonheur. J’ai voulu approuver ma curiosité et l’assister, lui donner raison et partir à la conquête des nouveaux espaces. Le temps d’un au revoir, je me retourne et je regrette peu à peu. Les jours avaient passé tellement vite. Et déjà un mois que je me trouve en Irlande. Et l’impression d’entrer dans une intriguante roue, en marche arrière, se fonde. 29. Demain 30. Le sourire forcé se renchérit. Demain va être long.
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