lundi 24 novembre 2008

Les carnets de vie.



Jour Dix-huit :





Les pensées sombres sont toujours omniprésentes. Je reste une journée de plus enfermée dans ma solitude, dans cette chambre sombre éclairée par la lumière des bougies, opposant ma tête et mon cœur, et jouant avec ce conflit inconditionnel. C’est sans interférence, que j’accomplis ma tâche, d’écrire une parcelle de ce voyage, chaque jour. Et je me force parfois il est vrai, à relater les récits de mes journées, peu fructueuses. La fatigue, l’ennui ou la tristesse s’emparent bien souvent de mes membres, ne pouvant ainsi, plus exprimer les troubles couloirs de mon esprit. Nous sommes mardi de la troisième semaine, tout peut sembler passer vite, comme tout peut sembler passer lentement, je coche les trois jours, puis quelques temps après les rayent, pour recommencer avec de nouveaux. Sortons alors, danser sur des rythmes irlandais, partons se vider la tête, avec des pintes de Guinness, et des rires loufoques. Evadons nos états d’âme dans notre alcoolisme expansif. Elle est partie à la recherche des regards, son éternel jeu de séduction laissant entrevoir une certaine retenue, dotée d’un arrogant mystère. Et puis, les yeux rivés dans le vide, les yeux ébahis, les pensées sombres réapparaissent. On tente une fois de plus de téléphoner à l’être cher. On tente une fois de plus, d’entendre sa douce voix, puis ses rires décharnés, dans une certaine lassitude vaine. Je repartirais dans la sombre et profonde nuit, le cœur déchu, et les yeux brulants. Les journées pèsent sur mes sentiments. Je devrais penser à écouter plus longuement ma tête, que le reste de mon corps. Quoique assez paradoxal que cela puisse être, ma tête ne cesse jamais de fonctionner. Simplement, cette absurdité humaine, de croire que l’on ne pense pas, alors que l’on pense à ne pas penser.

Aucun commentaire: